Le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM) a durci le ton face aux tensions entourant les obsèques de Georges Anicet Ekane, figure historique de l'opposition camerounaise décédée en détention. Après avoir pris position contre Issa Tchiroma Bakary, le parti s'en prend désormais à Djeukam Tchameni, l'accusant d'opportunisme politique.
Dans un communiqué signé par son vice-président, Valentin Dongmo Fils, le MANIDEM reproche à Djeukam Tchameni d'avoir annoncé l'envoi d'un représentant aux cérémonies funéraires organisées par une partie de la famille du défunt. Le parti y voit une tentative de tirer profit de la fragilité consécutive à la disparition de son leader historique.
Le document critique également la légitimité de Djeukam Tchameni à s'exprimer au nom de plateformes politiques proches du MANIDEM. « Il n’a ni le droit ni la capacité », affirme le communiqué, dénonçant une volonté de s’approprier une ligne politique qui ne lui revient pas et de s’éloigner des orientations portées par Anicet Ekane.
Cette prise de position intervient après des accusations similaires visant Issa Tchiroma Bakary, qualifié de « traître » suite à la publication du programme des obsèques. Le MANIDEM semble refuser toute ingérence dans l'organisation des funérailles de son président, exacerbant les divisions au sein de l'opposition.
Les obsèques d'Anicet Ekane sont au centre d'une bataille entre sa famille biologique et ses camarades politiques, avec des accusations d'ingérence du régime en place. Une décision de justice a même suspendu les cérémonies initialement prévues, illustrant les fractures au sein de l'opposition camerounaise. Ekane, figure emblématique de l'opposition, est décédé le 1er décembre 2025, après avoir été arrêté en octobre dans le contexte de troubles post-électoraux. Son décès et les conditions de sa détention avaient suscité l'indignation.
Après des mois d'attente, le corps d'Anicet Ekane a été restitué à sa famille en février 2026. Cependant, les tensions persistent quant à l'organisation de ses obsèques, révélant les profondes divisions au sein du paysage politique camerounais. La situation souligne la vulnérabilité des mouvements d'opposition face aux manœuvres du régime en place.