Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, Aïcha Kadhafi, la fille de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a lancé un avertissement solennel au peuple iranien. Elle les exhorte à se méfier de toute négociation ou rapprochement avec les puissances occidentales, s'appuyant sur l'histoire de sa propre famille et le sort de la Libye comme exemples.
Selon Aïcha Kadhafi, son père avait reçu des assurances que l'abandon des programmes nucléaires et balistiques de la Libye entraînerait une ouverture économique et diplomatique avec l'Occident. Cependant, elle affirme que la réalité fut tout autre : la Libye a été transformée en un « champ de ruines » par les bombardements de l'OTAN, plongeant le pays dans le chaos, l'esclavage, la pauvreté et un exode massif.
Elle salue la résistance du peuple iranien face aux sanctions internationales, à la pression médiatique et à « l'asphyxie économique », y voyant une preuve de la vitalité de la nation iranienne. Elle insiste sur le fait que tout compromis avec les puissances occidentales ne mènera qu'à la destruction et à la souffrance, comparant cela à « négocier avec le loup », qui ne sauve pas le mouton mais désigne simplement le prochain repas.
Pour étayer son argumentation, Aïcha Kadhafi cite Cuba, le Venezuela, la Corée du Nord et la Palestine comme des modèles de résistance, tandis que ceux qui se sont « prosternés » devant l'Occident ont été « balayés par les cendres de l'oubli ».
Cet avertissement intervient alors que les discussions sur le programme nucléaire iranien sont au point mort. La question de savoir si cet appel trouvera un écho auprès des dirigeants et de l'opinion publique iraniens reste en suspens.
En 2003, Mouammar Kadhafi avait accepté de démanteler le programme d'armement nucléaire libyen, permettant aux inspecteurs internationaux d'accéder aux installations. Cette décision avait permis à Tripoli de sortir de son isolement sur la scène internationale. Cependant, en 2007, Kadhafi a déploré que son pays n'ait pas bénéficié des compensations promises par les pays occidentaux après avoir renoncé à son programme nucléaire. Il a notamment souligné que les Occidentaux n'avaient pas aidé la Libye à transformer son programme nucléaire militaire en un programme civil, comme ils s'y étaient engagés.
L'Iran a soutenu la révolte du peuple libyen contre Mouammar Kadhafi, sans pour autant reconnaître formellement le nouveau pouvoir libyen. L'ambassadeur iranien est retourné à Tripoli et l'Iran a envoyé une aide médicale et humanitaire à la Libye.
Les conséquences de l'intervention de l'OTAN en Libye et l'assassinat de Kadhafi continuent d'alimenter les débats sur les avantages et les inconvénients de la coopération avec l'Occident dans le domaine du nucléaire.