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Cameroun : Le rôle de Chantal Biya au centre de la polémique lors de la célébration du 8 mars

La présence de Chantal Biya au défilé du 8 mars relance la polémique sur le statut de Première dame au Cameroun. Un analyste conteste sa légitimité à diriger un événement républicain sans base légale.

Cameroun : Le rôle de Chantal Biya au centre de la polémique lors de la célébration du 8 mars
Actualités Cameroun

La célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026, a été marquée au Cameroun par une polémique ravivée concernant le rôle de la Première dame, Chantal Biya. Sa présence à la tête du défilé officiel a suscité des interrogations quant à la légitimité de sa fonction dans le protocole républicain.

L'analyste politique Koupit Adamou a mis le feu aux poudres en contestant publiquement le statut de Chantal Biya. Lors d'une intervention remarquée dans l'émission "Canal Presse" sur Canal 2 International, il a affirmé qu'aucune base légale ou constitutionnelle ne justifiait la position de la Première dame dans l'organisation d'événements étatiques. « Madame Chantal Biya est l’épouse du président de la République, point barre », a-t-il martelé, soulignant qu'il est, selon lui, juridiquement contestable qu’elle puisse présider une cérémonie républicaine en présence de membres du gouvernement.

Chaque année, la Première dame est au centre du défilé du 8 mars à Yaoundé, entourée de personnalités politiques, de membres du gouvernement et de représentantes d'organisations féminines. Si pour certains, cette présence est une tradition établie, ancrée dans l'engagement de Chantal Biya en faveur des droits des femmes et des œuvres sociales, d'autres voix s'élèvent pour dénoncer un vide juridique.

L'absence de statut officiel pour la Première dame pose un problème institutionnel, selon certains observateurs. Ils estiment que les fonctions protocolaires devraient être réservées aux personnes investies d'une fonction reconnue par la loi. Cette polémique n'est pas nouvelle et revient régulièrement agiter le débat public camerounais.

La question de la formalisation du rôle de la Première dame est donc posée avec insistance. Faut-il encadrer légalement cette fonction, comme c'est le cas dans d'autres pays, ou maintenir le statu quo, fondé sur la tradition et l'usage ? Le débat reste ouvert, reflétant les tensions entre modernité institutionnelle et héritage protocolaire au Cameroun.

En 2022, le magazine Jeune Afrique s'était penché sur le rôle des Premières dames en Afrique, soulignant la diversité des approches selon les pays, entre influence discrète et engagement politique affirmé. La question de leur statut juridique reste un enjeu majeur, oscillant entre tradition et nécessité de clarification institutionnelle.

Au Cameroun, la polémique autour de la présence de Chantal Biya au 8 mars met en lumière la complexité de cette question, qui dépasse largement le cadre d'une simple célébration annuelle. Elle interroge la nature du pouvoir, la place des traditions et la nécessité d'une clarification des rôles dans un État moderne. Le débat promet de se poursuivre, alimenté par les prises de position des uns et des autres, au gré des événements et des échéances politiques.

Source : www.237online.com