Au Cameroun, la polémique enfle autour du corps d'Anicet Ekane, figure de l'opposition décédée en détention le 1er décembre 2025. Plus de trois mois après sa mort, sa dépouille n'a toujours pas été restituée à sa famille, suscitant l'indignation de ses proches et de ses partisans. Le 21 février 2026, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a publié un communiqué dénonçant une « confiscation » du corps par l'État et qualifiant les circonstances du décès d'« assassinat politique ».
Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), avait été arrêté le 24 octobre 2025 à Douala, puis incarcéré au Secrétariat d'État à la Défense (SED) à Yaoundé. Selon plusieurs sources, il aurait été privé de soins médicaux essentiels, notamment de son équipement d'oxygénothérapie, ce qui aurait contribué à son décès. Les autorités camerounaises l'avaient accusé d'« insurrection » et d'« incitation à la rébellion » dans le contexte de la crise post-électorale d'octobre 2025, des accusations que son parti jugeait politiquement motivées.
La non-restitution du corps d'Anicet Ekane est perçue par le MRC comme une stratégie délibérée de neutralisation de l'opposition. En empêchant les obsèques, le gouvernement chercherait à étouffer toute mobilisation politique et à effacer la mémoire de l'opposant. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions politiques exacerbées au Cameroun, marqué par des arrestations de militants et de personnalités politiques.
Maurice Kamto a fermement condamné ce qu'il considère comme un « crime d'État ». Il a rappelé l'engagement d'Anicet Ekane en faveur d'un Cameroun démocratique et a promis de poursuivre leur lutte commune. Kamto avait été investi par le MANIDEM comme candidat à la présidentielle du 12 octobre 2025. Il a dénoncé une instrumentalisation de la mort à des fins politiques et a appelé à la libération de tous les prisonniers politiques, dont des mineurs, détenus dans le cadre de la crise post-électorale.
Le MRC exige la restitution immédiate du corps d'Anicet Ekane et la libération de tous les prisonniers politiques. Des organisations de défense des droits humains ont également appelé à une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances de sa mort. Human Rights Watch a souligné que les autorités camerounaises avaient la responsabilité de déterminer la cause du décès, d'établir les responsabilités et de prendre des mesures pour prévenir d'autres décès en détention.
Cette affaire suscite une vive émotion au sein de l'opinion publique camerounaise et internationale. Elle alimente les critiques à l'égard du gouvernement camerounais, accusé de dérives autoritaires et de violations des droits humains. La non-restitution du corps est perçue comme un manque de respect envers la famille du défunt et une tentative de museler l'opposition.
La rétention du corps d'Anicet Ekane par l'État camerounais continue de susciter l'indignation et les appels à la justice. Cette affaire met en lumière les tensions politiques persistantes au Cameroun et les préoccupations concernant le respect des droits humains et des libertés fondamentales. L'issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences durables sur la scène politique camerounaise.