Le général Florent Kema, chef d’état-major de la Coalition des mouvements sociaux pour la paix et la réconciliation (CMSPR), a lancé une alerte concernant une potentielle guerre ethnique dans la préfecture de l’Ouham, en République centrafricaine. Dans un message vocal diffusé le samedi 14 mars 2026, il accuse le président Touadéra et les mercenaires de Wagner d’orchestrer des attaques ciblées contre les populations Gbaya, notamment autour de la ville de Bossangoa.
Selon le général Kema, ces attaques se caractérisent par des actes de torture, des meurtres et l’incendie de villages entiers. Il a exprimé sa vive inquiétude face à cette escalade de la violence et a appelé la communauté internationale à ne pas fermer les yeux sur la situation.
D'après les informations relayées par le général Kema, une série d'attaques ont été perpétrées dès le 4 mars 2026 contre plusieurs villages, dont Baudili, Baudé, Boro et Boala. Il affirme que les assaillants seraient d’anciens rebelles de l’UPC (Unité pour la Paix en Centrafrique) d’Ali Darassa et du MPC (Mouvement Patriotique pour la Centrafrique) de Mahamat Al-Khatim, agissant sur mandat du gouvernement et des forces de Wagner. Ces attaques auraient causé la mort de quatre personnes, fait huit blessés, entraîné l’incendie de nombreuses habitations et forcé les populations à fuir.
Le 11 mars 2026, la violence aurait redoublé d'intensité. Après des affrontements, des éléments de Wagner seraient entrés dans le village de Bowei, où ils auraient capturé, torturé et mutilé quinze jeunes. Un vieil homme aurait été tué, un hôpital saccagé et des femmes blessées.
Le général Kema dénonce un plan visant à étendre les violences à tous les villages Gbaya de l’Ouham. Il reproche au président Touadéra de refuser un dialogue inclusif, pourtant réclamé depuis février 2026 par la CMSPR, qui avait suspendu ses opérations militaires en signe de bonne foi.
Face à cette situation alarmante, le chef d'état-major de la CMSPR a lancé un appel pressant à tous les Centrafricains, les exhortant à refuser la logique de la guerre ethnique et à ne pas s’en prendre aux civils musulmans. Il les appelle à s’unir pour exiger la paix et la fin des violences.
Depuis 2018, le groupe Wagner est présent enCentrafrique où il assure la sécurité du président Touadéra. En contrepartie, il bénéficierait de concessions minières lucratives. Des éléments de Wagner ont été accusés de violations des droits humains et d'exactions contre les populations civiles. La situation dans l'Ouham met en lumière les tensions persistantes et les risques de dérives ethniques dans le pays.