Le projet de blocage des téléphones non dédouanés au Cameroun rencontre une forte résistance. Alors que les Douanes et l’Agence de régulation des télécommunications (ART) poussent à l'application de cette mesure, les principaux opérateurs de télécommunications traînent les pieds, soulevant des questions techniques, juridiques et sociales.
Camtel, l’opérateur public, affirme ne pas disposer des capacités techniques nécessaires pour mettre en œuvre le blocage. Son système d’information nécessiterait des mises à jour logicielles importantes, non prévues dans le budget actuel. Les opérateurs privés, MTN et Orange, bien que techniquement capables d’exécuter la mesure, ont également exprimé des réserves.
Ils évoquent un vide juridique et réglementaire autour de la procédure. En arrière-plan, plane la crainte des conséquences d’une coupure massive pour des centaines de milliers d’usagers, dans un pays où le téléphone mobile est souvent l’outil principal d’accès aux services numériques et financiers.
Depuis 2020, les autorités camerounaises cherchent à augmenter les recettes douanières provenant du secteur des téléphones portables, estimant le manque à gagner à près de 25 milliards de FCFA. Une première tentative de prélèvement direct sur le crédit de communication des abonnés avait été abandonnée suite à une forte contestation populaire. Réactivée en mars 2026, la procédure prévoit un taux de dédouanement de 33,33 %.
L'ART a tenu à rassurer les abonnés en rappelant le principe de non-rétroactivité : les téléphones connectés au moins une fois à un réseau camerounais avant le 16 mars 2026 ne seront pas bloqués. Le sort des appareils introduits après cette date reste en suspens. Une nouvelle concertation entre l’ART, les opérateurs et les Douanes devrait être organisée afin de trouver une issue à ce dossier. En attendant, le régulateur des télécoms a gelé le blocage des téléphones non dédouanés prévu le 25 mai 2026.