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Polémique au Barreau du Cameroun : Françoise Puene accusée de vouloir marchandiser l'accès à la profession d'avocat

La proposition de Françoise Puene d'aider les aspirants avocats à obtenir un parrainage suscite une polémique sur la commercialisation de l'accès au barreau et les coûts cachés des parrainages.

Polémique au Barreau du Cameroun : Françoise Puene accusée de vouloir marchandiser l'accès à la profession d'avocat
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La sénatrice Françoise Puene se retrouve au cœur d'une controverse après avoir proposé d'aider les aspirants avocats à obtenir la lettre de parrainage, document essentiel pour accéder à la profession. Cette initiative a suscité de vives réactions, certains l'accusant de vouloir marchandiser l'accès au barreau.

Jean Paul Ntsengue, dans une chronique, souligne que le Bâtonnier de l'Ordre a eu raison de réagir pour éviter toute dérive. Selon Ntsengue, la profession d'avocat doit rester un métier noble, à l'abri de toute commercialisation, compte tenu de son rôle crucial dans la défense des droits humains et la promotion de la justice.

La sénatrice Puene, connue pour son engagement envers les personnes vulnérables, aurait naïvement cru pouvoir résoudre le problème du parrainage, un obstacle majeur pour de nombreux jeunes juristes. Ce parrainage est devenu un véritable frein, poussant plus de 400 jeunes Camerounais à s'inscrire dans des écoles de formation à l'étranger, notamment au Rwanda.

En réaction à la proposition de Françoise Puene, le Bâtonnier de l'Ordre des Avocats, Me Mbah Eric, a fermement rappelé que le parrainage est un accompagnement professionnel et non un acte politique ou commercial. Il a insisté sur le fait que le parrainage implique un engagement à guider et soutenir le stagiaire tout au long de sa formation.

Parallèlement, des accusations de monnayage des parrainages refont surface. Certains avocats demanderaient entre 200 000 et 600 000 FCFA pour accorder leur parrainage, particulièrement ceux qui sont médiatisés. Cette pratique soulève des questions d'équité, car elle désavantage les candidats issus de milieux modestes.

Face à ces accusations, Armand Noutack II s'interroge sur le silence du Bâtonnier face à ces pratiques. Selon lui, l'initiative de la sénatrice Puene pourrait menacer les revenus que certains avocats tirent de ces parrainages. L'avocat Christian Bomo Ntimbane, quant à lui, estime que la sortie de Françoise Puene ne fait rien de mal en voulant aider les jeunes à obtenir des parrainages.

L'accès à la profession d'avocat au Cameroun est régi par la loi N° 90/059 du 19 décembre 1990. Elle stipule que pour devenir avocat, il faut être titulaire d'une licence en droit ou d'un diplôme équivalent, être de nationalité camerounaise, jouir de ses droits civiques et réussir un examen d'aptitude au stage. Un stage de deux ans auprès d'un maître de stage est également requis, suivi d'un examen final pour obtenir le Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat (CAPA).

La polémique actuelle met en lumière les défis persistants liés à l'accès à la profession d'avocat au Cameroun, notamment la question du parrainage et les coûts qui y sont associés. La sortie de la sénatrice Puene a ravivé le débat sur la nécessité de garantir un accès équitable à cette profession, tout en préservant son intégrité et son rôle essentiel dans la société.

Il reste à voir si cette controverse mènera à une régulation plus stricte des parrainages et à une plus grande transparence dans le processus d'accès à la profession d'avocat au Cameroun.