Le président camerounais, Paul Biya, pourrait initier une révision constitutionnelle majeure, selon des informations de Jeune Afrique. Cette démarche, qui intervient dans un contexte politique marqué par des spéculations sur un remaniement gouvernemental imminent, suscite déjà de vives réactions. L'une des principales modifications envisagées serait le rétablissement du poste de vice-président, supprimé lors de précédentes réformes.
Selon des sources concordantes au sein de l'appareil d'État, les travaux préparatoires de cette révision constitutionnelle sont à un stade avancé. Pilotés par le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, ils impliquent des constitutionnalistes et des conseillers juridiques. Les orientations principales de la réforme auraient été stabilisées, laissant entendre que la question n'est plus de savoir si elle aura lieu, mais plutôt quand. Une session parlementaire extraordinaire pourrait être convoquée à cet effet.
Outre la création d'un poste de vice-président, la révision constitutionnelle pourrait inclure des ajustements du système électoral et une redéfinition des unités administratives. La durée du mandat présidentiel, actuellement de sept ans, pourrait également être revue à la baisse. Ces changements s'inscriraient dans la continuité du processus de décentralisation.
Cette initiative intervient dans un contexte particulier. Paul Biya avait annoncé un remaniement gouvernemental imminent le 31 décembre 2025, mais celui-ci n'a toujours pas eu lieu. Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce retard, notamment la préparation d'événements internationaux majeurs au Cameroun, comme une possible visite du pape et un congrès mondial du commerce. De plus, l'examen d'un texte de loi sur la fonction de vice-président lors de la session parlementaire de mars pourrait influencer la composition du futur gouvernement.
Âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, Paul Biya est le deuxième chef d'État africain ayant la plus longue longévité au pouvoir. Les réformes constitutionnelles ont jalonné son mandat, notamment la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels en 2008. L'instauration d'un poste de vice-président pourrait être perçue comme une manière de préparer sa succession, tout en assurant une transition stable.