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Pénurie de sang à l'Hôpital Régional de Bafoussam : 500 000 vies menacées

L'Hôpital Régional de Bafoussam alerte sur une pénurie de sang critique, mettant en danger 500 000 vies. Les opérations sont reportées, faute de stocks suffisants. Une situation qui révèle les faibles

Pénurie de sang à l'Hôpital Régional de Bafoussam : 500 000 vies menacées
Actualités Cameroun

L'Hôpital Régional de Bafoussam, confronté à une pénurie critique de poches de sang, alerte sur les risques sanitaires immédiats pour près de 500 000 habitants. L'établissement se trouve dans l'incapacité d'assurer les interventions chirurgicales vitales, avec des blocs opératoires fonctionnant au ralenti depuis plusieurs jours.

Plusieurs sources internes à l'hôpital décrivent une situation préoccupante, marquée par un manque flagrant d'intrants médicaux stériles et des stocks de sang quasiment épuisés. Cette situation compromet gravement le fonctionnement du service d'urgence, empêchant les équipes soignantes de réaliser des actes chirurgicaux essentiels.

Cette pénurie ne se limite pas à un simple problème logistique. Elle révèle une fragilité profonde de la chaîne d'approvisionnement des pharmacies hospitalières au Cameroun, incapable de garantir un flux constant de consommables médicaux et de produits sanguins. Les patients et leurs familles sont contraints de parcourir jusqu'à 200 kilomètres pour trouver une prise en charge d'urgence dans d'autres structures de la région.

La crise actuelle résulte d'une double défaillance : une gestion des stocks de poches de sang visiblement insuffisante et un manque d'intrants médicaux essentiels au fonctionnement des blocs opératoires. L'hôpital, faute d'approvisionnement continu en matériel de base, se transforme en une coquille vide, incapable d'assurer sa mission de protection sanitaire.

À court terme, cette situation fait craindre une augmentation drastique de la mortalité évitable à Bafoussam, les patients chroniques et les urgences traumatiques étant les premières victimes de cette pénurie. À long terme, cette crise met en lumière la question de la souveraineté sanitaire du pays. Si un hôpital régional ne peut garantir les interventions chirurgicales de base, c'est la confiance des usagers dans le service public qui s'effondre, fragilisant la résilience du système de santé face aux crises futures.

Le Cameroun est confronté à un déficit important en matière de dons de sang, avec seulement 40 % des besoins nationaux couverts, soit 150 000 pintes collectées sur une demande annuelle de 400 000. Le pays dépend encore majoritairement des dons familiaux, les dons volontaires ne représentant qu'une faible part. Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement lancées pour encourager le don de sang et améliorer l'approvisionnement des structures de santé.

L'hôpital, au lieu d'être un lieu de guérison, devient ainsi le point de départ d'un véritable calvaire pour des patients en quête de soins vitaux. En 2024, une ville de près d'un demi-million d'habitants ne devrait pas être privée de soins essentiels par manque de produits sanguins.

Source : www.camer.be