Le Cameroun a débuté l'année 2026 avec un regain d'intérêt des investisseurs pour ses bons du Trésor. Selon le rapport sur les « statistiques mensuelles du marché des valeurs du Trésor de la Cemac » publié par la BEAC, le taux moyen de souscription des bons du Trésor assimilables (BTA) émis par le Cameroun a atteint 84,84 % en janvier 2026.
Cet indicateur marque une progression de 25,7 % par rapport à décembre 2025, où il s'établissait à 59,07 %. Ce rebond est d'autant plus notable qu'il intervient après une période d'érosion de la demande et de tensions sur les taux. En effet, le Cameroun a entrepris de lever 1 165 milliards de FCFA sur le marché régional des titres publics en 2026.
En janvier 2026, les États de la sous-région ont mobilisé en moyenne un peu plus de 69 milliards de FCFA pour 100 milliards FCFA recherchés via des émissions de BTA, tandis que les investisseurs ont proposé près de 85 milliards de FCFA au Cameroun. Ce différentiel témoigne d'un regain d'intérêt pour la signature souveraine camerounaise sur le segment des titres de court terme.
Parallèlement à cette évolution, le coût de financement s'est légèrement replié. Le taux d'intérêt moyen exigé par les investisseurs sur les BTA camerounais est revenu à 6,87 % en janvier 2026, contre 7,11 % en décembre 2025, soit une baisse de 24 points de base sur un mois. Cette baisse intervient après plusieurs années de hausse continue des rendements sur les titres de courtes maturités, dans un contexte de concurrence accrue entre les États de la Cemac et de besoins de financement élevés.
Cette amélioration simultanée du taux de souscription et de la légère détente des rendements constitue un signal positif pour le Trésor camerounais. Dans un contexte de pressions budgétaires persistantes, cette évolution pourrait contribuer à stabiliser le coût du financement domestique à court terme. Le Cameroun prévoit d'émettre un nouvel emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (Bvmac) en 2026.