La Société de développement du coton (Sodecoton) ambitionne de construire une huilerie à Ngaoundéré, dans la région de l'Adamaoua, pour un coût total de 20 milliards de FCFA. Pour ce faire, elle a sollicité Afriland First Bank, qui s'est tourné vers la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) afin d'activer son « guichet spécial de refinancement ». Ce mécanisme, autrefois appelé guichet B, est destiné au refinancement des crédits à moyen terme alloués à l'investissement productif.
Le guichet spécial de refinancement de la BEAC pourrait couvrir jusqu'à 60 % du coût total du projet. Ainsi, si la BEAC approuve la demande, elle pourrait mettre à disposition d'Afriland et des autres banques du consortium un montant de 12 milliards de FCFA.
Opérationnel depuis les années 1990, ce guichet était méconnu des banquiers jusqu'en juin 2025, date à laquelle la BEAC a organisé une présentation à Bangui. Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, avait souligné que seules deux banques camerounaises avaient utilisé ce guichet au cours des trois dernières années.
Cependant, l'intérêt pour ce mécanisme semble croître. En 2025, la BEAC a validé le refinancement de crédits de 41,2 milliards de FCFA pour le projet d'exploitation du gisement de fer de Bipindi-Grand-Zambi et de 31,3 milliards de FCFA pour le programme d'investissement de Camtel. CCA Bank a également été autorisée à lever 30 milliards de FCFA pour un projet minier au Congo. La BEAC envisage même de financer la réhabilitation de la Sonara, dont les installations ont été endommagées par un incendie en 2019.
La Sodecoton a déjà modernisé son huilerie de Maroua grâce à un prêt d'Afriland First Bank et prévoit de moderniser celle de Garoua avec un crédit de la Banque arabe pour le développement économique de l'Afrique (BADEA). La nouvelle huilerie de Ngaoundéré aura une capacité de trituration de 300 tonnes de coton par jour et permettra de répondre aux besoins du marché local et d'améliorer la production d'aliments pour le bétail. La Sodecoton, dont l'État camerounais détient 59 % du capital, vise à augmenter sa production de coton à 400 000 tonnes d'ici 2025.
La décision de la BEAC concernant le refinancement de l'huilerie de Ngaoundéré est attendue dans les prochaines semaines.