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La France tente un retour en RCA : entre diplomatie et enjeux d'influence

La visite du ministre français des Affaires étrangères à Bangui marque une tentative de réengagement de la France en RCA, où l'influence russe s'est accrue. Un prêt de 25 millions d'euros est accordé,

La France tente un retour en RCA : entre diplomatie et enjeux d'influence
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La visite de Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, à Bangui, les 12 et 13 mars 2026, marque une tentative de réengagement de la France en République centrafricaine. Cette démarche intervient dans un contexte où l'influence russe s'est considérablement accrue depuis 2018, notamment avec la présence du groupe Wagner, rebaptisé Africa Corps.

L'initiative française se manifeste par un prêt de 25 millions d'euros, soit 16,4 milliards de FCFA, destiné à soutenir les finances publiques centrafricaines et le secteur de la santé. Ce geste financier, bien que significatif, intervient après que la Russie, la Chine et la Turquie ont déjà investi des secteurs stratégiques tels que les mines, la sécurité et les médias.

Le communiqué conjoint publié à l'issue de la visite met en avant des notions de « respect mutuel, confiance, transparence et intérêts partagés ». Ces termes diplomatiques soulignent une volonté de prudence et de retenue, reflétant une relation qui cherche à se reconstruire. L'agenda de Jean-Noël Barrot comprenait l'inauguration du bureau d'Expertise France et le lancement du nouveau bâtiment de l'Institut Pasteur de Bangui, ainsi qu'une audience avec le Président Touadera.

L'absence d'annonces concernant la sécurité et la présence des forces russes en RCA témoigne des tensions sous-jacentes. Bangui a saisi l'occasion pour réaffirmer son engagement envers le multilatéralisme, saluant la MINUSCA et les missions européennes EUTM RCA et EUAM RCA, sans mentionner le groupe Wagner ou Africa Corps.

En coulisses, une invitation au Sommet Africa Forward, co-organisé par la France et le Kenya à Nairobi en mai 2026, a été transmise au Président Touadera. Ce sommet s'inscrit dans une nouvelle stratégie française visant à promouvoir un partenariat multilatéral en Afrique, où Paris ne serait plus perçu comme un donneur de leçons. La participation de Touadera à ce sommet pourrait signaler une évolution dans les relations entre la RCA et la France. Son absence enverrait un message tout aussi clair.

Le passé de la Françafrique continue de peser sur les relations franco-centrafricaines. La RCA, consciente de ses intérêts, mène une diplomatie active sur plusieurs fronts.

Source : www.237online.com