Au lendemain du décès de Cavayé Yéguié Djibril, figure emblématique de la politique camerounaise, une délégation de l'Assemblée nationale s'est rendue à Mada ce jeudi. Conduite par le nouveau président de l'Assemblée nationale, Théodore Datouo, la délégation a pour mission de présenter les condoléances officielles de l'institution à la famille du défunt.
Cavayé Yéguié Djibril, décédé à l'âge de 86 ans, a marqué l'histoire politique du Cameroun par sa longévité à la tête de l'Assemblée nationale. Il a occupé ce poste pendant 34 ans, de 1992 à mars 2026, s'imposant comme une figure centrale du paysage politique. Son parcours a été caractérisé par une fidélité sans faille au président Paul Biya et au RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais).
La délégation parlementaire s'est rendue au domicile familial de Cavayé Yéguié Djibril à Mada, dans l’arrondissement de Tokombéré, pour exprimer son soutien à la famille et aux proches. Cette visite se veut un témoignage de la reconnaissance de l'Assemblée nationale envers celui qui a incarné l'institution pendant plus de trois décennies.
Né le 1er février 1940 à Mada, Cavayé Yéguié Djibril a débuté sa carrière politique comme enseignant avant d'occuper divers postes administratifs. Il est entré à l'Assemblée législative du Cameroun oriental en 1970, puis est devenu chef traditionnel de Mada en 1971. Élu député de Mayo-Sava en 1983, il gravit les échelons jusqu'à la présidence de l'Assemblée nationale en 1992.
Son long mandat a été marqué par une proximité avec le pouvoir exécutif, certains lui reprochant un manque d'indépendance vis-à-vis du gouvernement. Malgré les critiques, Cavayé Yéguié Djibril a exercé une influence considérable sur la vie politique camerounaise, participant à six cérémonies de prestation de serment présidentiel. Son décès marque la fin d'une époque et soulève des questions sur l'avenir de son réseau politique.
Les hommages se multiplient depuis l'annonce de sa disparition, saluant son rôle majeur dans l'histoire du Cameroun. Cavayé Yéguié Djibril laisse derrière lui un héritage complexe, entre fidélité au régime et influence durable sur les institutions. Il cumulait également ses fonctions politiques avec celle de chef de son village natal de Mada, et avait été élevé au rang de chef traditionnel de première classe en juillet 2025.