Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien Directeur Général du Fonds Spécial d'Équipement et d'Intervention Intercommunale (FEICOM), a été libéré le 21 février 2026 après avoir purgé une peine de 20 ans de prison. Sa libération, survenue sans grâce présidentielle ni révision de procès, a été marquée par une déclaration surprenante : Ondo Ndong a remercié le président Paul Biya.
Ondo Ndong avait été condamné pour détournement de fonds publics dans le cadre de l'Opération Épervier, une campagne anti-corruption lancée en 2006. Durant son incarcération, il a perdu sa mère, et il a exprimé sa gratitude envers le chef de l'État pour avoir autorisé des obsèques solennelles. Ce remerciement, exprimé sur ABK Radio web, soulève des interrogations sur la perception du pouvoir au Cameroun.
Ce paradoxe apparent – un homme ayant purgé une peine complète sans faveur et remerciant le président – révèle, selon certains observateurs, une caractéristique des régimes à pouvoir personnel prolongé. Dans ces systèmes, le chef de l'État tend à devenir la référence ultime, influençant la perception de la justice et de la dignité. Remercier Biya pour une autorisation d'obsèques, un acte administratif ordinaire dans un État de droit, suggère que même après 20 ans de prison, l'accès à la dignité peut être perçu comme une faveur présidentielle plutôt qu'un droit.
La libération d'Ondo Ndong et ses remerciements pourraient être interprétés comme un signal de réalignement par les élites camerounaises, indiquant une absence de menace et une volonté de réintégration paisible. À long terme, cette affaire met en lumière la sélectivité de la justice camerounaise, où des affaires similaires n'ont pas toujours abouti aux mêmes peines.
La question qui demeure est la suivante : pourquoi remercier un homme à qui l'on ne doit pas sa liberté ? La libération d'Ondo Ndong coïncide avec celle de Gilles Roger Belinga, également ancien Directeur Général, de la Société Immobilière du Cameroun (SIC), arrêté aussi en 2006 dans le cadre de l'Opération Épervier.