Le procès de Patrick Mengue, initialement prévu ce lundi au Tribunal militaire de Yaoundé, a été reporté au 25 mai en raison de l'absence du prévenu [cite: ]. Les autorités judiciaires ont indiqué que le détenu n'avait pas été extrait de son lieu de détention pour être présenté devant les juges [cite: ].
L'absence de Patrick Mengue a suscité l'incompréhension parmi ses proches et ses avocats. Selon les informations communiquées à l'audience, l'administration pénitentiaire a évoqué une « non-extraction du prévenu » comme motif officiel du report [cite: ].
Le collectif de huit avocats constitués pour sa défense a exprimé sa colère face à ce renvoi, dénonçant un report qui prolonge l'incertitude autour de cette affaire sensible. Me Batam Nkolong, membre du collectif, a particulièrement insisté sur ce point [cite: ].
L'affaire trouve son origine dans un commentaire publié par Patrick Mengue sur les réseaux sociaux à la suite de l'annonce du décès de Marcel Niat Njifenji, président du Sénat camerounais. Les autorités considèrent que le message « Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort stp » constitue une menace ou une incitation à la violence envers de hautes personnalités de l'État [cite: ].
Les proches et les avocats de Patrick Mengue affirment qu'il a été interpellé par des agents en civil avant d'être conduit au Secrétariat d'État à la Défense (SED). Ils dénoncent également des traitements brutaux durant sa détention et l'absence d'assistance juridique lors des premières auditions [cite: ].
Le renvoi du procès au 25 mai devrait permettre à la défense de mieux préparer ses arguments, notamment en ce qui concerne les conditions d'interpellation et les vices de procédure soulevés depuis le début de l'affaire. L'affaire Mengue met en lumière les tensions autour de la liberté d'expression en ligne au Cameroun. Patrick Mengue est actuellement détenu à la prison centrale de Nkodengui à Yaoundé, accusé de cybercriminalité et de complicité présumée dans une tentative de coup d'État.