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Zambie : Washington accusé de chantage sur l'aide anti-VIH pour obtenir des concessions minières

L'administration Trump accusée de faire chanter la Zambie : l'aide anti-VIH contre l'accès aux mines. Un mémorandum révèle la pression exercée sur le pays pour céder ses ressources minières aux entrep

Zambie : Washington accusé de chantage sur l'aide anti-VIH pour obtenir des concessions minières
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Un document révélé par l'ONG Health GAP accuse l'administration américaine d'exercer un chantage odieux sur la Zambie. En substance, Washington menacerait de couper l'aide financière vitale pour les traitements anti-VIH si le pays ne cède pas aux exigences américaines en matière d'accès aux ressources minières. Cette affaire met en lumière les tensions croissantes autour du contrôle des matières premières stratégiques en Afrique.

Selon les termes du mémorandum, le Département d'État américain envisagerait de suspendre son aide sanitaire à la Zambie si celle-ci ne signe pas un accord bilatéral favorable aux entreprises américaines dans le secteur minier. En 2024, cette aide s'élevait à plus de 400 millions de dollars, dont une part importante était allouée aux traitements antirétroviraux fournis dans le cadre du Pepfar, le Plan présidentiel américain de lutte contre le sida. Pour 2026, une réduction à 320 millions de dollars est prévue, avec une chute drastique à 112 millions en 2030. La menace est claire : pas d'accord, pas d'aide.

Ce chantage présumé intervient dans un contexte de compétition accrue pour les ressources minières africaines, notamment le cuivre, le cobalt et le nickel, essentiels à la transition énergétique et aux nouvelles technologies. La Zambie, deuxième producteur africain de cuivre, est particulièrement courtisée, notamment par la Chine, déjà très présente dans le pays. Cette situation place Lusaka dans une position délicate, entre les exigences de Washington et l'influence grandissante de Pékin.

Plusieurs pays africains ont déjà signé des accords similaires avec les États-Unis, souvent assortis de clauses controversées sur le partage des données de santé. Le Kenya, par exemple, a conclu un accord de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans, actuellement suspendu en raison de préoccupations liées à la confidentialité des données médicales. Le Zimbabwe, quant à lui, a refusé de signer un tel accord, entraînant la suspension de l'aide humanitaire américaine.

Cette affaire soulève des questions éthiques fondamentales sur l'instrumentalisation de l'aide humanitaire à des fins géopolitiques et économiques. Elle rappelle également les enjeux de souveraineté sanitaire et économique pour les pays africains, souvent pris en étau entre les intérêts des grandes puissances.

L'histoire des relations entre l'Occident et l'Afrique en matière de santé est jalonnée d'exemples similaires, où les pays africains se retrouvent dépendants des solutions (médicaments, vaccins) développées et produites ailleurs, à des prix souvent prohibitifs. Le scandale du VIH, avec l'accès tardif et coûteux aux antirétroviraux, reste une blessure vive.

Face à ces pressions, la Zambie tente de résister, en refusant notamment de céder sur le partage des données de santé et l'accès sans conditions à ses mines. L'issue de ce bras de fer pourrait avoir des conséquences importantes pour l'avenir des relations entre l'Afrique et les États-Unis. La balance entre les impératifs économiques et les valeurs humanitaires reste à trouver.

La Zambie se retrouve ainsi au cœur d'une lutte d'influence où les vies de 1,3 million de personnes séropositives sont potentiellement menacées. L'ONG Health GAP dénonce un cynisme sans précédent de la part de Washington. La Zambie se trouve à la croisée des chemins, devant défendre à la fois sa souveraineté et la santé de sa population.

Source : www.237online.com