Camtel, l'opérateur public de télécommunications du Cameroun, est secoué par un scandale de détournement de fonds qui s'élève à plusieurs milliards de FCFA. La direction technique de l'entreprise a été suspendue et une enquête interne a été ouverte pour faire la lumière sur ce réseau de fraude.
Selon les informations révélées, des employés de Camtel auraient mis en place un système de facturation frauduleuse. Ils facturaient à des entreprises clientes une consommation de 2 gigaoctets (Go) de bande passante, alors que ces dernières recevaient en réalité 40 Go. La différence, représentant un montant considérable, était ensuite détournée au profit des employés impliqués et de leurs complices. Ce stratagème, qui prospérait depuis 2017, a permis d'engranger des milliards de FCFA de recettes non déclarées.
Le directeur technique de Camtel, Ahmadou Saïd, ainsi que plusieurs autres employés, ont été suspendus de leurs fonctions pour une durée de deux mois, le temps que l'enquête interne puisse déterminer l'étendue de leur implication. Cette affaire jette une lumière crue sur les failles du contrôle interne de Camtel, qui ont permis à ce système de perdurer pendant des années.
Ce scandale a des conséquences désastreuses pour l'image de Camtel et pour la confiance que lui accordent ses clients et partenaires. Au-delà de l'entreprise elle-même, c'est la crédibilité de l'ensemble du secteur des télécommunications camerounais qui est menacée. L'enquête devra déterminer si ce réseau de corruption était isolé ou s'il est le symptôme d'un problème plus profond au sein de Camtel. En mai 2025, la directrice générale de Camtel, Judith Yah Sunday Epse Achidi, avait déjà déclaré la guerre au sabotage et à la corruption au sein de l'entreprise. Elle affirmait alors que des mesures disciplinaires seraient prises à l'encontre des employés reconnus coupables. En dépit de ces efforts, la corruption semble donc persister au sein de Camtel.
En parallèle de cette affaire, Camtel prévoit de se lancer sur le marché de l'argent mobile en 2026 avec son service "Blue Money". L'entreprise espère ainsi diversifier ses activités et conquérir de nouvelles parts de marché. Cependant, ce scandale pourrait compromettre ses ambitions et entacher la réputation de ce nouveau service avant même son lancement.