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Prolongation du mandat des députés camerounais : Patricia Tomaïno Ndam Njoya dénonce un abandon de la démocratie

Patricia Tomaïno Ndam Njoya dénonce la prolongation du mandat des députés camerounais, y voyant un « abandon de la démocratie ». Elle remet en question la légitimité des représentants et les risques p

Prolongation du mandat des députés camerounais : Patricia Tomaïno Ndam Njoya dénonce un abandon de la démocratie
Actualités Cameroun

La prolongation du mandat des députés camerounais jusqu'en décembre 2026, adoptée le 23 mars 2026 par l'Assemblée nationale, suscite de vives réactions au sein de la classe politique. Patricia Tomaïno Ndam Njoya, présidente de l'Union Démocratique du Cameroun (UDC) et candidate à la dernière élection présidentielle, a exprimé son désaccord face à cette décision, la qualifiant de « signe d'abandon de la démocratie ».

Dans une interview accordée à RFI, Tomaïno Ndam Njoya a souligné que la légitimité des représentants du peuple découle d'élections libres et transparentes. Selon elle, le fait de prolonger le mandat des députés sans consultation populaire constitue une crise de représentation, car ces derniers ne représentent plus les intérêts des Camerounais. Elle a insisté sur le fait que les citoyens auraient dû avoir la possibilité de renouveler leurs représentants par le biais d'élections.

L'ancienne candidate à la présidentielle de 2025 a également mis en garde contre les conséquences de cette prorogation, affirmant que les députés en place ne sont plus légitimes pour entreprendre des réformes constitutionnelles ou du code électoral. Elle craint que le Cameroun ne soit « assis sur un volcan » en raison de cette crise de légitimité, soulignant le danger de voir des dirigeants s'accrocher au pouvoir en manipulant les lois.

Cette prolongation du mandat des députés intervient dans un contexte où le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité d'alléger le calendrier électoral et de mieux préparer les prochaines échéances. Les autorités mettent en avant les contraintes financières liées à l'organisation de plusieurs élections en peu de temps, notamment les élections législatives, municipales, présidentielle et régionales. Cependant, cette justification ne convainc pas l'ensemble de la classe politique et de la société civile, qui y voient une atteinte aux principes démocratiques.

Des voix s'élèvent pour dénoncer un précédent dangereux, où les échéances électorales deviennent flexibles au gré du pouvoir en place. L'avocat et défenseur des droits de l'homme, Nkongho Felix Agbor, a qualifié ce projet de loi de « test de notre engagement envers la démocratie », soulignant les risques d'une érosion des garanties constitutionnelles.

Source : www.lebledparle.com