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Polémique autour des frais de parrainage au Barreau du Cameroun : Françoise Puene propose une solution, le Barreau réagit

La proposition de Françoise Puene de faciliter les parrainages au Barreau suscite une vive réaction, révélant le problème des frais élevés exigés par certains avocats et la nécessité d'une régulation.

Polémique autour des frais de parrainage au Barreau du Cameroun : Françoise Puene propose une solution, le Barreau réagit
Actualités Cameroun

La question des frais de parrainage pour l'accès au Barreau du Cameroun suscite une vive polémique, exacerbée par une proposition de la sénatrice Françoise Puene. Face aux difficultés rencontrées par les candidats pour obtenir un parrainage, condition obligatoire pour se présenter à l'examen d'entrée au Barreau, Françoise Puene a proposé de faciliter la mise en relation avec des avocats acceptant de parrainer.

Cette initiative a immédiatement provoqué une levée de boucliers du Bâtonnier de l'Ordre des Avocats, Maître Mbah Eric Mbah, qui y voit une ingérence dans les affaires de la profession. Selon lui, le parrainage est un engagement professionnel sérieux et non un acte politique ou commercial. Il a rappelé que l'Ordre des Avocats est garant de l'intégrité du processus de sélection et de la qualité de la formation des futurs avocats.

En réaction, l'avocat Christian Bomo Ntimbane a qualifié la polémique de « fausse polémique », soutenant que la sénatrice ne fait rien de mal en voulant aider les jeunes. Il a pointé du doigt le cœur du problème : le coût exorbitant des parrainages, certains avocats exigeant entre 200 000 et 600 000 FCFA, voire plus, pour accorder leur parrainage. Ces tarifs, particulièrement élevés pour les avocats médiatiques, constituent un obstacle majeur pour les candidats issus de milieux modestes.

Armand Noutack II s'est également interrogé sur le silence du Bâtonnier face à ces pratiques tarifaires. Il a suggéré que l'initiative de Françoise Puene pourrait menacer les revenus que certains avocats tirent des parrainages. La question d'une régulation officielle des frais de parrainage est désormais posée.

L'accès à la profession d'avocat au Cameroun est conditionné par la réussite à l'Examen d'Aptitude au Stage d'Avocat (EASA), suivie d'une période de stage au sein d'un cabinet agréé. La question des parrainages et de leur coût risque de perdurer tant qu'une solution ne sera pas trouvée pour garantir l'égalité des chances à tous les candidats.