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Moussa Njoya critique la création d'un poste de vice-président au Cameroun : Une réforme inutile ?

Moussa Njoya critique la création d'un poste de vice-président au Cameroun, estimant que cela n'aidera pas à résoudre les crises du pays et pourrait même aggraver les tensions existantes. Il craint un

Moussa Njoya critique la création d'un poste de vice-président au Cameroun : Une réforme inutile ?
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L'annonce de la création d'un poste de vice-président au Cameroun continue de susciter des réactions. Alors que le parlement camerounais a approuvé la modification constitutionnelle réintroduisant ce poste, certains observateurs politiques, tel que Moussa Njoya, émettent de sérieux doutes quant à son utilité réelle.

Njoya, connu pour ses analyses critiques de la scène politique camerounaise, exprime son scepticisme quant à la capacité de cette réforme à résoudre les problèmes profonds du pays. Selon lui, la nomination d'un vice-président ne contribuera en rien à atténuer les crises actuelles ni à sortir le Cameroun de « cette impasse et cette misère généralisée ».

L'observateur politique craint que ce nouveau poste n'exacerbe plutôt les tensions existantes. Il souligne le caractère révocable du vice-président, nommé et démis de ses fonctions à la discrétion du président de la République, sans procédure particulière. Cette situation, selon Njoya, pourrait intensifier la « guerre des clans », chaque prétendant à la succession cherchant à déstabiliser le vice-président en place.

Njoya remet également en question l'impact de cette nomination sur la fluidité de l'administration. Il note que le vice-président ne disposera pas de compétences constitutionnelles propres, ce qui risque de créer des blocages et d'alourdir les procédures bureaucratiques déjà existantes. La superposition de nouvelles structures à celles déjà en place (Premier ministre, gouvernement, Sénat, Assemblée nationale, Conseil économique et social) pourrait, selon lui, complexifier davantage le processus décisionnel.

L'observateur politique s'inquiète également des potentielles implications en matière de corruption. Il craint que la création de ce poste n'augmente le nombre de personnes corrompues, avec l'arrivée de « nouveaux hommes forts de Yaoundé » et leur « soif inextinguible d'enrichissement ». Njoya déplore l'absence de mention, lors des débats sur la nouvelle loi constitutionnelle, de la mise en application de la loi de 2006 sur la déclaration des biens des hauts responsables.

Enfin, Moussa Njoya doute que la nomination d'un vice-président puisse contribuer à résoudre la crise anglophone, même si un anglophone était nommé à ce poste. Il anticipe que le président Biya choisirait une personnalité « totalement coupée du terrain, largement déconnectée de la réalité, profondément détestée des populations locales », ce qui ne ferait qu'aggraver la situation.

La réforme constitutionnelle instaurant un vice-président a été approuvée par le Parlement le 5 avril 2026. Le vice-président sera nommé et révoqué par le président. En cas de décès, de démission ou d'incapacité du président, le vice-président assurera l'intérim. L'opposition critique cette loi, estimant qu'elle renforce le pouvoir du président. Moussa Njoya, pour sa part, espère que l'avenir lui donnera tort, mais reste profondément sceptique quant aux bénéfices réels de cette réforme.

Source : www.lebledparle.com