La méningite reste un problème de santé publique majeur, en particulier en Afrique subsaharienne. Selon une étude récente parue dans The Lancet Neurology, cette infection des membranes entourant le cerveau continue de tuer environ 260 000 personnes chaque année dans le monde. En 2023, plus de deux millions de cas ont été recensés, affectant disproportionnellement les enfants.
La méningite est une inflammation des membranes méningées, le plus souvent causée par des bactéries ou des virus. Les symptômes incluent une forte fièvre, des maux de tête sévères, une raideur de la nuque, une sensibilité à la lumière et des vomissements. La rapidité de la prise en charge est cruciale, car la maladie peut entraîner la mort en l'absence de traitement rapide.
L'Afrique subsaharienne est particulièrement touchée, avec une forte concentration de cas dans la « ceinture de la méningite », une zone qui s'étend du Sénégal à l'Éthiopie, en passant par le Tchad et le Niger. Des facteurs environnementaux comme le vent d'Harmattan, qui transporte des particules de poussière irritant les voies respiratoires, ainsi que la pollution de l'air et les conditions de naissance défavorables, augmentent le risque d'infection.
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s'est fixée pour objectif de réduire de 70 % le nombre de décès liés à la méningite d'ici 2030. Pour atteindre cet objectif ambitieux, l'OMS a mis en place une feuille de route mondiale axée sur la prévention, le diagnostic, le traitement, la surveillance de la maladie, le soutien aux personnes touchées et la sensibilisation. Cette feuille de route comprend des objectifs stratégiques et des activités clés, notamment l'amélioration de la couverture vaccinale, le développement de nouveaux vaccins et l'amélioration des stratégies de prévention.
En attendant un accès universel aux vaccins, il existe des mesures de prévention simples et accessibles à tous. Une alimentation riche en vitamine C (citron, goyave, moringa), l'utilisation d'épices aux propriétés anti-inflammatoires et antimicrobiennes comme le gingembre, l'ail et le curcuma, une hydratation suffisante, une bonne ventilation des espaces de vie, un repos suffisant et une hygiène rigoureuse des mains sont autant de gestes barrières efficaces.
La vaccination reste l'arme la plus efficace pour lutter contre la méningite, en particulier en Afrique. En janvier 2024, l'OMS a recommandé que tous les pays de la ceinture africaine de la méningite introduisent le vaccin pentavalent Men5CV dans leurs programmes de vaccination systématique, administré en une seule dose aux nourrissons et aux jeunes enfants âgés de 9 à 18 mois. Ce vaccin protège contre les cinq souches de méningite les plus répandues en Afrique subsaharienne. Des campagnes de vaccination de masse sont prévues dès 2025.
La méningite peut être vaincue grâce à la vaccination et à des mesures de prévention simples. L'OMS et ses partenaires continuent de travailler pour atteindre l'objectif d'un monde sans méningite d'ici 2030.