L'opposant camerounais Maurice Kamto a interpellé le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, sur ses méthodes de gestion de la période pré-électorale, ravivant par la même occasion le débat sur la création d'un poste de vice-président au Cameroun. Lors d'une conférence de presse tenue à Yaoundé ce jeudi 9 avril 2026, Kamto a accusé Atanga Nji d'appliquer un traitementPartial et inégalitaire, exigeant que le ministre fasse preuve de la même rigueur envers le chef de l'État, Paul Biya, qu'il a manifestée à son égard.
Kamto a dénoncé la diffusion d'une vidéo de ses déclarations politiques lors d'une réunion présumée avec des gouverneurs de région, comparant cette action à une « chasse à l'homme ». Il y voit une tentative de le discréditer politiquement, notamment en rappelant ses positions sur le boycott des élections législatives et municipales. L'opposant a insisté sur le fait que Paul Atanga Nji devrait également examiner les anciennes prises de position du président Biya concernant l'absence de désignation d'un successeur politique.
Cette sortie médiatique de Maurice Kamto survient dans un contexte politique tendu, marqué par de vives discussions autour du projet de création d'un poste de vice-président nommé par le chef de l'État. Kamto s'oppose fermement à cette réforme constitutionnelle, la considérant comme une atteinte aux principes démocratiques et une manœuvre pour consolider le pouvoir en place. Il a d'ailleurs lancé une pétition pour mobiliser l'opinion publique contre ce projet.
La proposition de créer un poste de vice-président a été adoptée par le Parlement camerounais le 4 avril 2026, avec 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions. Cette réforme constitutionnelle modifie les règles de succession présidentielle et accorde au président Biya, 93 ans, le pouvoir de nommer et de révoquer le vice-président. Les partisans du gouvernement présentent cette réforme comme un moyen de renforcer la continuité institutionnelle et d'éviter une crise en cas de vacance du pouvoir.
Maurice Kamto, figure de l'opposition camerounaise et ancien candidat à la présidentielle, critique cette initiative qu'il juge tardive et voit comme une consolidation du pouvoir présidentiel. Il avait déjà dénoncé en avril une « monarchie républicaine ».