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Manu Dibango : Six ans après, le « Soul Makossa » continue de résonner mondialement

Six ans après sa mort, l'héritage de Manu Dibango et de son titre « Soul Makossa » continue d'influencer la musique mondiale, inspirant les jeunes générations africaines.

Manu Dibango : Six ans après, le « Soul Makossa » continue de résonner mondialement
Culture & Médias

Le 24 mars 2020, le monde perdait Emmanuel N'Djoké Dibango, plus connu sous le nom de Manu Dibango, des suites de la Covid-19. Six ans après, l'héritage du saxophoniste camerounais continue d'influencer la musique à travers le monde, notamment grâce à son titre emblématique « Soul Makossa ».

Né à Douala le 12 décembre 1933, Manu Dibango a grandi dans un environnement musical stimulant. Sa mère, couturière et professeur de chant, lui a transmis sa passion pour la musique, tandis que le gramophone familial lui a fait découvrir des sonorités françaises, américaines et cubaines. À 15 ans, il part en France pour des études, mais la musique prend rapidement le dessus.

De Paris à Bruxelles, il fréquente les milieux afro-caribéens et le jazz. Il rejoint l'orchestre African Jazz de Joseph Kabaselé, lançant ainsi sa carrière internationale. C'est en 1972 que sa carrière prend une dimension planétaire avec « Soul Makossa », initialement face B d'un 45 tours. Le titre est découvert par des DJ new-yorkais et devient un hymne mondial.

En 1982, Michael Jackson reprend le refrain de « Soul Makossa » dans « Wanna Be Startin' Somethin' » sans autorisation. Dibango engage une action en justice et obtient un accord à l'amiable. Plus tard, Rihanna sample également le morceau. « Soul Makossa » est aujourd'hui considéré comme l'un des morceaux les plus samplés de l'histoire.

Le makossa, popularisé par Dibango, est devenu un patrimoine culturel mondial, influençant des genres comme le zouk, le coupé-décalé et l'afrobeat. Manu Dibango a utilisé sa musique pour défendre des causes telles que la lutte contre la faim et le réchauffement climatique.

Sa disparition a suscité une émotion planétaire. Youssou N'Dour l'a décrit comme « une fierté pour le Cameroun et pour l'Afrique », tandis qu'Angélique Kidjo l'a salué comme « le géant de la musique africaine ». Les plateformes de streaming enregistrent régulièrement un regain d'écoute de « Soul Makossa » à chaque anniversaire.

L'œuvre de Manu Dibango continue d'inspirer les jeunes générations africaines, montrant qu'il est possible de réussir sans renier ses racines. Son héritage rappelle que la musique africaine n'a pas besoin de validation extérieure pour conquérir le monde. Son courage juridique a ouvert la voie à une nouvelle génération d'artistes africains. La question est maintenant de savoir si les industries culturelles africaines sauront créer les structures nécessaires pour soutenir les futurs talents africains.

Source : www.camer.be