L'artiste camerounaise Mani Bella a adressé une lettre ouverte aux autorités du pays, exprimant sa vive inquiétude face à la montée des tensions tribales sur internet. Dans sa lettre datée du 26 février 2026, elle dénonce des discussions en ligne qui, selon elle, dégénèrent en « anarchie tribale grandissante ».
Mani Bella souligne que certains groupes de personnes se livrent à des dénigrements constants des autres ethnies, propageant la haine, les menaces et des promesses macabres envers ceux qui ne partagent pas leurs idées radicales. Elle s'alarme particulièrement de l'endoctrinement de la jeunesse camerounaise à la division nationale et communautaire, craignant que ces agissements ne nuisent gravement à l'image du Cameroun.
Face à cette situation alarmante, Mani Bella appelle les autorités à prendre conscience de la gravité de la situation et à agir en conséquence. Elle les invite à instaurer des sanctions contre le tribalisme et à mettre en place des programmes de rééducation pour les Camerounais, incluant des cours obligatoires de citoyenneté et d'amour du prochain. Elle suggère même la création d'une carte de citoyenneté, exigible lors de contrôles, pour attester de ce devoir national.
Mani Bella met en garde contre les conséquences désastreuses de l'inaction, prédisant un retour à une époque de far west d'ici 2035 si le tribalisme, l'impolitesse et la méchanceté gratuite continuent de proliférer. Son appel à l'action a suscité de vives réactions, notamment des menaces à son encontre. Certains internautes, se revendiquant de la communauté Ekang, auraient proféré des menaces graves, allant jusqu'à évoquer l'incendie de son domicile.
Le gouvernement camerounais avait déjà soumis au parlement en 2019 un projet de modification du Code pénal visant à sanctionner le tribalisme. Ce projet prévoyait des peines d'emprisonnement et des amendes pour « l'outrage aux races et aux religions » et « l'outrage à la tribu », avec des sanctions doublées si l'infraction était commise par voie de presse ou sur les réseaux sociaux. En dépit de ces dispositions légales existantes, Mani Bella insiste sur la nécessité de mesures plus fortes et d'une prise de conscience collective pour endiguer ce fléau qui menace la cohésion nationale. L'artiste appelle chacun à dire « stop » au tribalisme et à promouvoir l'unité et le respect mutuel entre les Camerounais.