À deux semaines de la 14e Conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) prévue à Yaoundé du 26 au 29 mars, le Cameroun affiche un niveau de préparation de 75%. Cependant, l'OMC active discrètement Genève comme plan B, soulevant des questions sur la capacité du Cameroun à accueillir l'événement. Une réunion d'urgence s'est tenue à Genève le 5 mars, où l'hypothèse d'un retrait du Cameroun a été envisagée.
La directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a mené le groupe africain pour bloquer une délocalisation pure et simple, insistant pour que la conférence reste en Afrique. Toutefois, l'OMC a acté le principe de choisir Genève comme solution de repli et toutes les commissions préparatoires ont été transférées en Suisse.
Plusieurs facteurs motivent cette défiance envers Yaoundé. Des retards importants sont constatés dans la réfection de l'hôtel Mont Fébé, une infrastructure hôtelière clé. L'éloignement entre les sites d'hébergement et le Palais des congrès pose des problèmes logistiques, et des difficultés persistent concernant la délivrance des visas. De plus, des acteurs de la société civile camerounaise ont appelé à délocaliser la conférence en raison de la répression des manifestations post-électorales.
Une délégation de l'OMC s'est rendue à Genève pour évaluer la disponibilité des infrastructures d'accueil, et les hôtels et centres de conférence suisses pourraient absorber l'événement rapidement. Les techniciens de l'OMC travaillent désormais depuis la Suisse, préparant deux scénarios parallèles, permettant une bascule vers Genève en 72 heures.
Si la conférence était délocalisée, ce serait un revers pour le Cameroun, mettant en doute sa capacité à organiser un événement international de cette envergure. Cela pourrait également conforter l'idée que l'Afrique n'est pas prête à accueillir de grands événements commerciaux mondiaux. La pression est forte sur Yaoundé pour transformer son niveau de préparation affiché en une organisation irréprochable. Le Cameroun a deux semaines pour prouver sa capacité à organiser une conférence mondiale répondant aux standards de l'OMC.