Le professeur de droit public à l'Université de Yaoundé II, Aba’a Oyono, a officiellement engagé une procédure de recours gracieux préalable auprès de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE), réclamant une indemnisation de 3 milliards de FCFA. Cette action fait suite à sa détention de 42 jours au Secrétariat d’État à la Défense (SED) en octobre 2025, qu'il considère comme une « faute administrative ».
Selon les faits rapportés dans le recours, le Pr Aba’a Oyono a été interpellé à son domicile le 25 octobre 2025 par des agents de la DGRE cagoulés et lourdement armés, sans mandat de perquisition ni d'amener. Il affirme avoir été encagoulé, soumis à des traitements inhumains pendant son transport, puis privé de liberté pendant 42 jours.
L'universitaire soutient que cet « enlèvement » visait à le réduire au silence à l'approche de la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, période durant laquelle il avait affiché son soutien aux opposants Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary. Il établit un parallèle entre son arrestation et celles de Djeukam Tchameni et Anicet Ekani, également partisans de l'Union pour le Changement 2025.
Le Pr Aba’a Oyono qualifie ces événements d'« illégalité fautive » et d'« acte irrégulier de l’administration », imputables à la DGRE. Il estime que la DGRE doit réparer le préjudice subi, résultant de l'interruption de ses activités pendant sa détention. En conséquence, il demande une indemnisation de trois milliards de FCFA.
Dans son argumentaire juridique, le professeur Aba’a Oyono invoque la violation de la Constitution et des règlements par les agents de la DGRE. Il se dit prêt à saisir le tribunal administratif compétent si sa demande n'est pas satisfaite, tout en envisageant une action devant le tribunal militaire contre les agents de la DGRE impliqués.
Pour l'heure, la DGRE n'a pas publiquement réagi à cette demande d'indemnisation. L'affaire met en lumière les tensions post-électorales de 2025 et les allégations de répression contre les soutiens de l'opposition. Le Pr Aba'a Oyono, connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement, avait déjà dénoncé un « état comateux » de l'État camerounais en février 2025.