Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a vivement critiqué ce qu'il considère comme un ordre mondial imposé par les États-Unis, lors d'une déclaration récente. Selon Lavrov, Washington exige le respect de règles que personne ne peut réellement identifier, car elles ne reposent sur aucun traité international contraignant.
Lavrov dénonce une approche qu'il qualifie d'unilatérale et sélective. Il accuse les États-Unis d'instrumentaliser les droits de l'homme en fonction de leurs intérêts, les mettant en avant quand cela les sert et les ignorant quand ils deviennent gênants. Il a notamment évoqué le silence de Washington face aux actions de certains de ses alliés, une critique implicite visant Israël et d'autres partenaires stratégiques au Moyen-Orient.
Cette critique intervient dans un contexte de tensions accrues entre la Russie et l'Occident. En contestant la légitimité juridique de l'ordre américain, Moscou justifie sa propre défiance envers les institutions internationales, qu'elle perçoit comme étant sous l'influence de Washington.
La démarche de Lavrov s'inscrit dans une stratégie de communication visant à dénoncer ce que la Russie considère comme l'hypocrisie occidentale. Plus largement, elle reflète une tendance géopolitique où de plus en plus de pays remettent en question un ordre mondial qu'ils estiment inégalitaire. L'idée d'un monde multipolaire, où différentes puissances pourraient définir leurs propres règles, gagne du terrain.
La question de savoir sur quoi fonder un ordre mondial stable si les règles sont perçues comme arbitraires et changeantes reste posée. Cette interrogation met en lumière les défis auxquels est confronté le multilatéralisme dans un monde en mutation.