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La loi sur la liberté d'association au Cameroun : Un outil démocratique détourné ?

La loi sur la liberté d'association au Cameroun est détournée par des individus mal intentionnés, compromettant son rôle démocratique et l'émancipation des citoyens. Des scandales financiers et des lu

La loi sur la liberté d'association au Cameroun : Un outil démocratique détourné ?
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La loi n°90/053 du 19 décembre 1990 sur la liberté d'association au Cameroun, initialement perçue comme un instrument d'ouverture démocratique et d'émancipation citoyenne, est aujourd'hui confrontée à des défis majeurs. Des voix s'élèvent pour dénoncer son détournement par des individus mal intentionnés qui, selon certains observateurs, sèment la pagaille dans la société et défient l'État de droit.

Cette loi, issue d'une période de réformes et de revendications, avait pour ambition de permettre aux citoyens de se réunir et de s'organiser librement pour œuvrer au bien collectif. Elle marquait la fin des autorisations préalables et des enquêtes intrusives, favorisant l'émergence d'une multitude d'associations et de regroupements divers. Cependant, cette liberté a été exploitée par des individus peu scrupuleux qui y ont vu une opportunité de s'enrichir personnellement, détournant ainsi l'esprit de la loi.

Des plaintes sont régulièrement déposées devant les tribunaux et les services de police, révélant des scandales impliquant des associations. Des projets sont abandonnés, des œuvres humanitaires compromises par des malversations financières et des luttes intestines. Les responsables de ces détournements usent de dissimulation, de trafic d'influence et de clanisme pour s'enrichir, au détriment des objectifs initiaux des associations.

La corruption ambiante au Cameroun facilite ces pratiques, avec des individus corrompus utilisant les fonds des associations pour acheter des décisions de justice favorables. Des agents publics sont également impliqués, cédant aux pressions et aux complicités, ce qui aggrave la situation. Cette situation a conduit à la suspension de plusieurs organisations de la société civile en décembre 2024 pour des accusations non fondées de financement illicite, de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme.

Malgré ces problèmes, la loi n°90/053 demeure une conquête démocratique importante et un instrument d'émancipation sociale. Il est essentiel que les membres intègres des associations luttent contre les abus et préservent l'esprit de la loi, afin de garantir son efficacité et sa crédibilité pour l'avenir. La loi sur la liberté d'association au Cameroun est un texte fondateur, mais son application reste un défi constant face aux réalités de la corruption et des intérêts particuliers.

Source : www.camer.be