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La BEAC réaffirme l'engagement de la CEMAC à réglementer les Fintechs suite aux directives des chefs d'État

La BEAC réaffirme l'engagement de la CEMAC à réglementer les Fintechs suite aux directives des chefs d’État, visant à encadrer l'innovation financière tout en protégeant la stabilité monétaire et la s

La BEAC réaffirme l'engagement de la CEMAC à réglementer les Fintechs suite aux directives des chefs d'État
Économie & Développement

La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a réaffirmé l'engagement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) à appliquer les directives des chefs d’État concernant la réglementation du secteur des technologies financières (Fintech). Cette annonce fait suite à une table ronde de haut niveau qui s'est tenue à Kigali le 11 mars 2026, réunissant des gouverneurs de banques centrales africaines pour discuter de l'encadrement des innovations financières et de leurs implications sur la stabilité monétaire et l’inclusion financière sur le continent.

La rencontre, placée sous la présidence de Soraya Hakuziyaremye, gouverneur de la Banque nationale du Rwanda (BNR), a vu la participation d'Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC et président en exercice de l'Association des Banques Centrales Africaines (Abca). Les discussions ont principalement porté sur les défis liés à la régulation du mobile money, des néo-banques, des plateformes de financement participatif et des cryptoactifs. Yvon Sana Bangui a souligné l'importance de s'inspirer des meilleures pratiques africaines, notamment de l'expérience rwandaise en matière d'innovation financière.

Le gouverneur de la BEAC a rappelé que la Cemac s’inscrit dans la dynamique impulsée par la Conférence des chefs d’État, qui a instruit les institutions communautaires (BEAC, Commission de la Cemac, Cobac et Cosumaf) de mettre en place un cadre réglementaire harmonisé pour les cryptoactifs. Il a également évoqué le séminaire stratégique organisé en février 2026 à Yaoundé avec le FMI, destiné à poser les bases d’une coopération renforcée entre les régulateurs, afin de concilier innovation financière, stabilité du système monétaire et protection de la souveraineté monétaire des États membres.

Yvon Sana Bangui a plaidé pour une plus grande mutualisation des expériences entre les régions africaines, notamment dans la digitalisation des services financiers et l’interopérabilité des systèmes de paiement. En sa qualité de président de l'Abca, il ambitionne de mettre en œuvre l'Institut monétaire africain, un projet visant à terme à la création d'une banque centrale africaine et à l'union monétaire du continent. La BEAC, sous sa direction, s'est engagée à préserver la stabilité du franc CFA, à renforcer la crédibilité de la politique monétaire et à accompagner l'ouverture financière de manière structurée.

La réglementation des Fintechs est un enjeu crucial pour la Cemac, confrontée à la nécessité d'encadrer l'essor des monnaies électroniques et des transactions numériques, tout en luttant contre la fraude, le blanchiment d'argent et les flux financiers illicites. En 2018, la CEMAC a adopté une réglementation sur les services de paiement, permettant aux entreprises Fintech d'émettre de la monnaie électronique sans obligation de partenariat avec des établissements de crédit ou de microfinance. Le ministère des Finances camerounais a commencé à appliquer une directive exigeant que tous les opérateurs de technologie financière obtiennent des licences formelles. L'Afrique subsaharienne est en pleine révolution financière grâce à l'essor des Fintechs locales, qui offrent des solutions adaptées aux réalités du continent et contribuent à l'inclusion financière.

Source : fr.journalducameroun.com