Issa Tchiroma, président national du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), a publié une tribune ce vendredi 27 février 2026, dans laquelle il exprime de vives inquiétudes quant à la situation actuelle du Cameroun. Il dénonce une « descente aux abîmes » du pays, marquée par une crise économique aiguë et une profonde crise de gouvernance.
« Très chers Camerounais du Monde, vous suivez, comme moi, la descente aux abîmes de votre pays d’origine », écrit Issa Tchiroma, pointant du doigt des tares accumulées et amplifiées, notamment sur le plan économique où, selon lui, « tous les signaux ont dépassé le rouge ». Il critique la gestion financière de l’État, qu’il qualifie de « mauvais payeur chronique » recourant à des prêts incessants et bradant les ressources stratégiques du pays.
Les conséquences de cette situation se font ressentir au quotidien par les populations, avec des retards d’infrastructures, un manque d’accès aux soins et un déficit énergétique persistant. Issa Tchiroma déplore également une crise de gouvernance, affirmant que le Cameroun est « confisqué par le trafic des hautes instructions » et en proie à une « guerre des chefs de clans » au sommet de l’État.
L’ancien ministre s’indigne de ce qu’il considère comme une crise morale, faisant référence à des images de « l’intimité présidentielle dévoyée » et à une « légèreté des mœurs triomphante au sommet de l’État », qu’il juge être un mauvais exemple pour la jeunesse. Il dénonce également la répression post-électorale, évoquant des disparitions, des morts, des arrestations massives et des conditions de détention inhumaines.
Face à cette situation, Issa Tchiroma appelle les Camerounais à « relever la tête face à ce pouvoir usurpateur » et réaffirme sa conviction qu’une solution existe, celle d’un « programme de transition » pour lequel il affirme avoir reçu un soutien massif lors de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il lance un appel à la générosité pour soutenir les victimes de la répression et de la crise post-électorale, notamment les enfants privés de ressources et les personnes détenues.
Issa Tchiroma, figure de l'opposition camerounaise, avait revendiqué la victoire à la présidentielle d'octobre 2025. En février 2026, il se trouvait en Gambie, où il est en exil depuis novembre 2025.