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Fadimatou Bengono dénonce l'usage du fouet dans l'éducation des enfants au Cameroun

Fadimatou Bengono dénonce la conception selon laquelle l'éducation des enfants au Cameroun doit souvent impliquer le fouet, suite à de récentes tragédies familiales et met en lumière la nécessité d'un

Fadimatou Bengono dénonce l'usage du fouet dans l'éducation des enfants au Cameroun
Actualités Cameroun

Face aux récentes tragédies familiales au Cameroun, Fadimatou Bengono a pris position contre la maltraitance des enfants, en particulier l'idée répandue que l'éducation doit souvent impliquer le recours au fouet.

Lors de son intervention dans l'émission "Le Club" sur Bnews 1, cette militante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a déploré que beaucoup aient du mal à concevoir une éducation sans violence physique. « Au Cameroun, on estime souvent qu’on ne peut pas éduquer un enfant sans violence », a-t-elle déclaré, soulignant que même l'interdiction du fouet à l'école est perçue par certains comme une "histoire de Blancs". Elle a toutefois nuancé son propos en reconnaissant qu'il faut savoir doser.

Fadimatou Bengono a partagé une expérience personnelle poignante. Elle a raconté avoir été témoin d'un enfant maltraité et battu par son père dans son quartier. L'indifférence du voisinage l'avait révoltée, la poussant à intervenir directement. « J’ai été obligée de sortir de chez moi, d’aller chez les voisins, de traverser la rue parce qu’un enfant pleurait depuis près de 45 minutes », a-t-elle expliqué. Face à l'inaction générale, elle a menacé le père d'appeler la police s'il continuait à frapper son enfant, insistant sur le fait qu'il n'avait pas un droit de vie ou de mort sur lui. Depuis lors, elle n'a plus jamais entendu cet enfant pleurer.

Au Cameroun, le châtiment corporel des enfants est illégal dans les écoles et le système pénal, mais il reste légal à la maison et dans les structures d'accueil alternatives. Le système juridique camerounais, basé sur le droit civil français et la common law anglaise, reconnaît un droit d'infliger des châtiments corporels aux enfants. Les dispositions contre la violence et les abus dans le Code pénal (1967) et la Constitution (1996) ne sont pas interprétées comme interdisant tous les châtiments corporels contre les enfants.

De nombreuses études ont mis en évidence l'utilisation répandue des châtiments corporels dans l'éducation des enfants. Une analyse de l'UNICEF portant sur des données d'enquête de 2005-2006 a révélé que 78 % des enfants âgés de 2 à 14 ans avaient subi des punitions physiques à la maison, et que 28 % avaient subi des punitions physiques sévères.

En dépit de l'illégalité du châtiment corporel comme sentence pénale, il n'existe pas d'interdiction explicite dans les structures d'accueil alternatives. Le Comité des droits de l'enfant et d'autres organismes ont maintes fois recommandé l'interdiction du châtiment corporel au Cameroun.

En 2017, une politique nationale de protection de l'enfance a été adoptée, mais son contenu précis reste inconnu. Un nouveau Code civil, combinant les dispositions sur les droits de l'enfant et le droit de la famille, est en cours de rédaction. L'affaire Bengono met en lumière la nécessité d'une évolution des mentalités et d'un cadre juridique plus protecteur pour les enfants camerounais.