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Décès d'Anicet Ekane en détention : Autopsie contestée et divisions politiques au Cameroun

La mort en détention d'Anicet Ekane, figure de l'opposition camerounaise, suscite controverse et divisions. Son autopsie contestée et le contexte politique tendu alimentent les interrogations sur les

Décès d'Anicet Ekane en détention : Autopsie contestée et divisions politiques au Cameroun
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La mort d'Anicet Ekane, figure de l'opposition camerounaise, survenue en détention, continue de susciter de vives réactions et des interrogations quant aux circonstances de son décès. Son arrestation, intervenue peu avant la validation officielle de la réélection contestée de Paul Biya, avait déjà soulevé des soupçons. Ekane, président du MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), était une voix critique du régime en place.

L'arrestation d'Ekane à Douala, juste avant la proclamation des résultats de l'élection présidentielle d'octobre 2025, a été perçue par beaucoup comme une manœuvre visant à réduire au silence l'opposition. Décédé dans les locaux du SED (Secrétariat d'État à la Défense), ses proches ont dénoncé une privation délibérée de son assistance respiratoire, un acte qualifié de « mort administrée ».

La thèse officielle d'une mort naturelle, avancée par le gouvernement suite à une autopsie, est fortement contestée. L'autopsie a été réalisée sans la présence de représentants de la famille ni d'un médecin légiste indépendant, alimentant les accusations de manipulation et de dissimulation. Selon le Ministère de la Défense, l'autopsie s'est appuyée sur des examens complémentaires réalisés au Centre Universitaire Romand de Médecine Légale en Suisse, et a conclu à l'absence totale de lésions traumatiques. Cependant, cette version est rejetée par de nombreux acteurs de la société civile et de l'opposition.

La dépouille d'Anicet Ekane a été transférée de Yaoundé à Douala ce mardi 3 mars 2026, après plusieurs semaines de blocage judiciaire. Des divisions persistent au sein du comité d'organisation des obsèques, témoignant des tensions politiques et des enjeux liés à la mémoire de l'opposant. Le MANIDEM avait publié un programme détaillé du transfert, appelant à la mobilisation de ses militants et sympathisants.

La mort d'Anicet Ekane est devenue un symbole des tensions politiques au Cameroun, exacerbées par une élection contestée et des allégations de répression de l'opposition. Son décès soulève des questions sur le traitement des prisonniers politiques et les conditions de détention dans le pays. Les partenaires internationaux du Cameroun sont interpellés sur leur silence face à cette affaire. En attendant la publication du programme complet des obsèques, la mémoire d'Anicet Ekane continue de diviser et de mobiliser au Cameroun.

Source : www.camer.be