La capitale économique du Cameroun, Douala, a été le théâtre de violentes émeutes ce dimanche 26 octobre 2025, à la veille de la proclamation des résultats de l'élection présidentielle. Une marche de protestation, initiée par l'opposant Issa Tchiroma Bakary, a dégénéré en affrontements sanglants, plongeant la ville dans un climat de tension extrême.
Les heurts les plus graves se sont concentrés dans le quartier de New-Bell, où des témoins rapportent que les forces de l'ordre ont utilisé des balles réelles pour disperser les manifestants. Au moins quatre personnes ont perdu la vie dans ces affrontements, et un pick-up de la police a été incendié par des manifestants en colère. La contestation s'est ensuite étendue à d'autres zones de la ville, notamment à Ndog-Passi et Ndokoti, où des saccages et des incendies ont été signalés.
Ces événements surviennent dans un contexte de forte tension politique, alors que le Conseil constitutionnel s'apprête à annoncer les résultats officiels de l'élection. Issa Tchiroma Bakary, arrivé deuxième avec 35.19% des voix, avait dénoncé des fraudes et revendiqué la victoire avant même la publication des résultats. Le président sortant, Paul Biya, 92 ans, a été déclaré vainqueur avec 53.66% des suffrages exprimés.
La situation post-électorale demeure tendue au Cameroun, avec des accusations de répression violente des manifestations par les forces de sécurité. Des organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé l'usage excessif de la force et les arrestations arbitraires. Le Ministre de l'Intérieur a déclaré que les forces de sécurité ont tué 13 manifestants à Douala et trois autres dans la région du Nord, et que plus de 800 arrestations ont été faites. Des groupes de défense des droits de l'homme contestent le bilan du gouvernement, affirmant que le nombre réel de morts est plus proche de 30.
La crise post-électorale actuelle met en lumière les défis persistants auxquels le Cameroun est confronté en matière de gouvernance et de respect des droits de l'homme. Paul Biya a été investi pour un huitième mandat le 6 novembre 2025.