La crise entre le Niger et l'Union Européenne s'intensifie alors que l'UE exige la libération immédiate de Mohamed Bazoum, l'ancien président nigérien déchu lors du coup d'État du 26 juillet 2023. En réponse, le Niger, désormais sous régime militaire, dénonce une ingérence et adopte une position plus ferme.
L'UE a suspendu 13 millions d'euros d'aide budgétaire, signalant ainsi son mécontentement face à la situation politique. Cette décision fait suite au renversement de Mohamed Bazoum par le général Abdourahamane Tiani, qui a conduit à la séquestration de l'ancien président et de sa famille dans le palais présidentiel de Niamey. Les instances internationales, y compris l'UE, ont multiplié les appels à la libération sans condition de Bazoum, mais le régime actuel rejette catégoriquement ce qu'il considère comme une tentative de domination extérieure.
Les racines de cette crise diplomatique remontent à l'histoire post-coloniale, où les nouvelles autorités nigériennes accusent l'UE de chercher à maintenir une tutelle politique. Le langage employé par Bruxelles est perçu comme "colonial", ravivant des tensions latentes et exacerbant le conflit de souveraineté. La demande de libération de Mohamed Bazoum devient ainsi un point de friction majeur, les généraux au pouvoir construisant leur légitimité sur le rejet de ces pressions extérieures.
Bruxelles exerce des pressions financières et commerciales en gelant la coopération sécuritaire et le soutien budgétaire, tout en envisageant des sanctions ciblées contre les membres de la junte. Niamey réplique en mobilisant l'opinion publique, dénonçant l'"ingérence" paternaliste pour souder la population autour du nouveau régime. Dans cette escalade, l'enjeu humanitaire concernant le président séquestré semble relégué au second plan.
Cette impasse compromet la coopération sécuritaire au Sahel, avec le retrait de l'armée française et le risque de voir les forces européennes suivre. La région est confrontée à une recrudescence des attaques djihadistes, aggravée par la rupture des aides humanitaires. À long terme, cette fracture pourrait redéfinir les alliances, poussant le Niger à se tourner vers la Russie et la Turquie. L'architecture des relations UE-Afrique, basée sur le dialogue et l'aide, est remise en question par l'affirmation des souverainetés.
L'avenir des relations entre l'Europe et le Sahel est suspendu à la libération de Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d'état de juillet 2023. La junte a rejeté les appels à sa libération, et en mars 2026, le gouvernement nigérien a convoqué le chargé d'affaires de l'Union européenne à Niamey pour protester contre une résolution du Parlement européen exigeant la libération immédiate de Bazoum. La conditionnalité de l'aide peut-elle encore fonctionner face à un partenaire qui refuse le dialogue, ou assiste-t-on à la fin d'un cycle où la puissance financière ne garantit plus l'influence politique ?
En janvier 2026, la Russie a nommé Viktor Voropayev comme son premier ambassadeur permanent au Niger depuis plus de trois décennies, signalant un approfondissement des liens entre Moscou et le gouvernement de la junte nigérienne.