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Crise Ebola en RDC : Un hôpital incendié à Rwampara, Ituri, sur fond de méfiance communautaire

Tension en RDC : un hôpital incendié à Rwampara pendant la crise Ebola. La population locale s'oppose aux mesures sanitaires, entravant la riposte contre l'épidémie due à la souche Bundibugyo.

Crise Ebola en RDC : Un hôpital incendié à Rwampara, Ituri, sur fond de méfiance communautaire
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La riposte contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à de sérieux obstacles. Des tensions vives ont éclaté à Rwampara, dans la province de l'Ituri, où une partie de l'hôpital général a été incendiée. La cause ? Une population en colère qui s'opposait à la prise en charge par les équipes médicales du corps d'un jeune homme décédé, présenté comme un footballeur local très apprécié.

Les proches souhaitaient organiser une inhumation traditionnelle, mais les autorités sanitaires ont refusé, suspectant un cas d'Ebola. Cette situation a dégénéré en affrontements. Des manifestants ont attaqué l'hôpital à coups de pierres avant d'incendier des tentes utilisées comme unités d'isolement. Les forces de sécurité ont dû intervenir, tirant des coups de sommation pour disperser la foule, et le personnel médical a été placé sous protection militaire.

L'ONG Alliance for International Medical Action (ALIMA) a confirmé l'incendie de deux tentes utilisées pour traiter les patients atteints d'Ebola. Six patients qui y étaient soignés ont été initialement portés disparus, mais ont finalement été retrouvés et continuent de recevoir des soins.

Les autorités rappellent que les corps des victimes d'Ebola sont hautement contagieux et que les enterrements doivent être supervisés par des équipes spécialisées. Cependant, une profonde méfiance persiste dans certaines communautés de l'Ituri, où certains habitants croient qu'Ebola est une invention étrangère. Luc Malembe Malembe, responsable politique local, souligne que cette méfiance complique considérablement les efforts de riposte.

L'épidémie actuelle, due à la souche rare Bundibugyo, continue de progresser en RDC et en Ouganda. Cette souche ne dispose d'aucun vaccin homologué, rendant la lutte plus complexe. Au 16 mai 2026, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo en RDC et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale.

Au 20 mai 2026, on dénombrait environ 600 cas suspects, dont 139 décès. L'OMS a envoyé du matériel médical en RDC et débloqué des fonds d'urgence. Les autorités s'efforcent de mettre en place des hôpitaux de campagne pour faire face à l'afflux de patients.

La situation est d'autant plus préoccupante que des conflits armés et des déplacements de population entravent la riposte. L'accès aux communautés touchées est difficile, et la désinformation alimente la méfiance envers les agents de santé. Malgré ces défis, les équipes médicales restent mobilisées pour contenir l'épidémie et sauver des vies. La priorité est de mettre en place des centres de traitement adéquats pour assurer la détection des cas et la prise en charge des patients.

Source : www.lebledparle.com