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Crise au MANIDEM : Jean Baptiste Ketchateng démissionne suite à des tensions internes et à l'influence du RDPC

Jean Baptiste Ketchateng démissionne du MANIDEM, dénonçant l'influence du RDPC et la gestion confuse des obsèques d'Anicet Ekane. Une crise interne secoue le parti.

Crise au MANIDEM : Jean Baptiste Ketchateng démissionne suite à des tensions internes et à l'influence du RDPC
Actualités Cameroun

Le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM) traverse une période de turbulences. Jean Baptiste Ketchateng, figure influente du parti, a annoncé sa démission le 23 mars 2026, motivée par ce qu'il considère comme une emprise grandissante du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) sur le MANIDEM. Cette démission survient dans un contexte déjà tendu, marqué par des désaccords persistants concernant le lieu d'inhumation d'Anicet Ekane, président du MANIDEM décédé le 1er décembre 2025.

Ketchateng, qui militait au sein du MANIDEM depuis une trentaine d'années, a exprimé ses préoccupations quant à la direction que prend le parti. Selon lui, le RDPC instrumentalise le MANIDEM, un parti qu'il décrit comme un « bien public vital » pour l'avenir du Kamerun. Il craint que cette influence ne serve les intérêts d'un système néocolonial que le MANIDEM avait juré de combattre.

Dans son communiqué de démission, Ketchateng dénonce une « confusion organisée » qui, selon lui, sévit depuis six mois au sein du parti. Il déplore notamment l'absence de communication claire concernant le calendrier des obsèques d'Anicet Ekane et, plus particulièrement, le lieu de son inhumation, qu'il considère comme un « signe politique capital ». Il avait déjà alerté l'opinion publique sur cette situation le 2 mars 2026, mais ses tentatives de redresser la trajectoire du parti sont restées vaines.

Le MANIDEM, parti politique camerounais légalisé en 1995, est issu de l'Union des populations du Cameroun (UPC). Il a connu plusieurs figures emblématiques, dont Anicet Ekane, décédé en détention en décembre 2025. Le parti se décrit comme un mouvement de gauche nationaliste. En 2025, le parti avait enregistré le soutien de Maurice Kamto et de sa direction.

La démission de Jean Baptiste Ketchateng met en lumière les divisions internes et les défis auxquels le MANIDEM est confronté. Son départ représente une perte significative pour le parti, qui devra désormais trouver les ressources nécessaires pour surmonter cette crise et préserver son indépendance face aux influences extérieures. L'avenir du MANIDEM reste incertain, mais sa capacité à se réinventer et à rester fidèle à ses valeurs fondatrices déterminera sa place dans le paysage politique camerounais.

Source : www.lebledparle.com