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Conférence à Paris : Les femmes et les valeurs africaines à l'épreuve de la diaspora

Une conférence à Paris a exploré les valeurs africaines et le rôle des femmes de la diaspora dans leur transmission, soulignant l'importance du dialogue et du respect mutuel malgré les divergences.

Conférence à Paris : Les femmes et les valeurs africaines à l'épreuve de la diaspora
Actualités Cameroun

Une conférence s'est tenue samedi dernier à Paris, dans le 17ᵉ arrondissement, à l'initiative de Mme Crescence MBALA SOPIE, également connue sous le nom de Kristhia Lauve. Le thème central de cet événement était les valeurs africaines, explorant la notion de la femme comme « architecte du présent ». Cette thématique avait déjà été abordée lors d'un échange précédent à Lausanne, mais cette fois-ci, l'objectif était de réfléchir à la transmission de ces valeurs par les Camerounais de la diaspora, tant au sein de leurs familles que dans l'ensemble des communautés diasporiques.

Le débat, qui a duré près de deux heures après le discours de Mme Sopie, a mis en lumière une confrontation intellectuelle intense. D'un côté, se trouvaient ceux qui, ayant vécu longtemps en Europe, apportaient un regard critique façonné par l'expérience occidentale. De l'autre, ceux qui restaient profondément enracinés dans les réalités africaines et défendaient la continuité de ces valeurs. Des juristes brillants ont participé, offrant des analyses incisives qui ont stimulé la réflexion de chacun.

Malgré des positions parfois irréconciliables, les échanges sont restés courtois et respectueux. Kristhia Lauve a été saluée pour son rôle de rassembleuse et pour sa vision du bien commun, où l'intelligence se conjugue à l'intégrité et au courage. Son engagement est perçu comme étant ancré dans des principes universels tels que l'identité, la solidarité, la dignité, le partage et l'indépendance, la distinguant comme une figure agissant pour bâtir et non pour briller.

Kristhia Lauve incarne une continuité entre la mémoire et le devenir, se positionnant à la fois comme héritière et bâtisseuse, consciente que la libération se joue aussi dans les esprits. Sa démarche s'inscrit dans une reconquête silencieuse d'une Afrique pensée libre, souveraine et unie, s'appuyant sur l'éducation, la culture et la solidarité comme instruments d'émancipation. Dans cette perspective, la femme africaine est vue comme actrice de l'histoire.

Plusieurs personnalités ont contribué à la richesse de la soirée. Maître Zeifman, avocate au barreau de Paris, a souligné l'importance du respect de la dignité humaine. Mimi la Joie a valorisé cet espace de rassemblement pour la préservation de l'identité. La journaliste Prisca Bardot a insisté sur le rôle des médias dans la diffusion de ces valeurs. Suzanne, venue d'Espagne, a assuré une modération équilibrée. Hortense Fankem, depuis le Canada, a apporté une perspective sur la dynamique diasporique dans la libération de la femme.

Corinne Tonye, conseillère de la présidente, a rappelé l'importance de la solidarité humaine à travers son engagement pour le don de moelle osseuse. Jeanne Ntep a souligné la portée symbolique de ce rassemblement. Macange Ngaska Raphoz a partagé un témoignage poignant sur la résilience et la mémoire à travers son œuvre autobiographique. L'écrivain Calvin Djouari a redéfini les valeurs africaines comme des vertus anciennes que le modernisme a parfois altérées, soulignant que la culture est un ensemble vivant de transmissions.

La conférence a dépassé le simple cadre d'un débat, enseignant que le désaccord est une invitation à comprendre autrement. Écouter l'autre, même en cas de contradiction, est une forme de sagesse. L'objectif n'est pas d'effacer les différences, mais de les élever, en distinguant l'erreur de celui qui la porte. Kristhia Lauve a été remerciée pour avoir réuni ces voix et ces espérances, semant des graines appelées à grandir et à éclairer d'autres chemins. L'événement a mis en lumière la force et la résilience des femmes africaines, offrant une plateforme pour partager leurs histoires et inspirer les générations futures.

Source : www.camer.be