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Cameroun : Un « New Deal » pour relancer l'économie face aux défis de 2026

Pour relancer l'économie camerounaise en 2026, un « New Deal » axé sur le soulagement, la relance et la réforme pourrait être la solution, en s'inspirant du modèle américain des années 1930. L'objecti

Cameroun : Un « New Deal » pour relancer l'économie face aux défis de 2026
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Face aux défis économiques persistants, notamment un taux de chômage élevé chez les jeunes, une pauvreté enracinée et des déficits infrastructurels, le Cameroun pourrait s'inspirer du « New Deal » américain des années 1930 pour relancer son économie. C'est la proposition de Louis-Marie Kakdeu, Deuxième Vice-Président National SDF, qui suggère une adaptation de cette politique aux réalités camerounaises.

Le « New Deal » mis en œuvre par le président Franklin D. Roosevelt aux États-Unis visait à surmonter la Grande Dépression en transformant le rôle de l'État en garant de la stabilité économique et de la protection sociale. Ce plan s'articulait autour de trois axes principaux : le soulagement immédiat des populations, la relance de l'économie et la réforme durable des systèmes financiers et sociaux.

Un « New Deal » camerounais en 2026 pourrait se concentrer sur des mesures concrètes pour stimuler la consommation, notamment en augmentant les revenus dans les secteurs productifs et en stabilisant les prix. La vulgarisation des résultats de la recherche scientifique et l'institutionnalisation des bourses locales de matières premières pourraient jouer un rôle crucial dans ce processus. Par exemple, l'utilisation de variétés améliorées de manioc pourrait multiplier les rendements agricoles, augmentant ainsi les revenus des agriculteurs. Des initiatives pour la création de bourses de matières premières pourraient stabiliser les prix et promouvoir le commerce équitable.

La relance par les grands travaux d'infrastructures est un autre volet essentiel. En 2026, le budget d'investissement public s'élève à 2 031 milliards FCFA. Une partie de ces fonds pourrait être allouée à la transformation du territoire national, en désenclavant les principaux bassins de production. L'achèvement de projets tels que la phase 2 de l'autoroute Douala-Yaoundé et la réhabilitation de l'axe Ngaoundéré-Garoua sont prioritaires. De plus, stimuler l'artisanat local à travers des programmes de construction de logements sociaux utilisant des matériaux locaux pourrait créer de la richesse et soulager divers secteurs d'activité.

La révolution énergétique est également cruciale, compte tenu du potentiel solaire et hydroélectrique du Cameroun. Le pays dispose d'une capacité de production solaire importante et de nombreux cours d'eau propices à la construction de micro-barrages hydroélectriques. La centrale hydroélectrique de Nachtigal, mise en service en 2025, a déjà augmenté la capacité nationale d'environ 30 %. Le gouvernement camerounais s'est engagé à transformer son paysage énergétique et à accélérer l'accès à l'électricité afin de fournir une énergie fiable, abordable, inclusive, durable et propre à la majorité de la population et aux opérateurs économiques.

En matière de réformes immédiates, l'accent pourrait être mis sur la sécurité sociale et l'emploi des jeunes. Face à l'échec de la création d'emplois décents, un « Corps d'Action Civique » pourrait être lancé pour recruter massivement des jeunes actifs pour des travaux de reboisement, d'entretien des routes et de gestion des déchets. Parallèlement, une Sécurité Sociale Universelle, intégrant un système d'assurance maladie et une protection pour les travailleurs du secteur informel, est essentielle. L'allègement des cotisations patronales pourrait également stimuler l'embauche.

Le taux de chômage des jeunes au Cameroun reste élevé, atteignant environ 35 % en 2024. De plus, les dernières projections de la Banque mondiale indiquent que le taux d'extrême pauvreté pourrait atteindre 25 % d'ici 2026, touchant environ 8 millions de Camerounais. Pour inverser cette tendance, une approche intégrée combinant des mesures de soulagement immédiat, de relance économique et de réformes structurelles semble nécessaire. La mise en place de bourses agricoles pourrait aider à régler les problèmes d'abondances et de pénuries sur le marché.

Le défi majeur de ce « New Deal » est de garantir que les citoyens ordinaires ressentent les avantages des actions gouvernementales, contrairement à la perception actuelle où les politiques semblent favoriser principalement les bailleurs de fonds. L'histoire a montré que l'amélioration des conditions de vie et l'inclusion économique sont essentielles pour éviter l'extrémisme et favoriser la stabilité sociale. En 2026, le gouvernement prévoit de réaliser 67 projets routiers. Toutefois, la contrainte majeure demeure les tensions de trésorerie pour le paiement des prestations exécutées par les entreprises.

En conclusion, un « New Deal » camerounais axé sur le soulagement, la relance et la réforme pourrait offrir une voie prometteuse pour surmonter les défis économiques et sociaux du pays. La clé du succès réside dans une mise en œuvre efficace, transparente et inclusive, plaçant les besoins des citoyens au cœur des priorités gouvernementales. Le budget du ministère des Travaux publics pour 2026 est arrêté à 740 milliards de FCFA.