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Cameroun : Le drame de Bafia, une tragédie coloniale aux lourdes conséquences

En 1929, une campagne médicale coloniale à Bafia a rendu 700 personnes aveugles. Un drame longtemps occulté qui interroge les pratiques médicales coloniales et la mémoire collective.

Cameroun : Le drame de Bafia, une tragédie coloniale aux lourdes conséquences
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En 1929, à Bafia, une campagne médicale coloniale contre la maladie du sommeil a viré au drame, laissant près de 700 personnes aveugles. Cet événement tragique, longtemps occulté, continue de hanter la mémoire collective et soulève des questions sur les pratiques médicales de l'époque coloniale.

À la fin des années 1920, les autorités coloniales intensifient leurs efforts pour éradiquer la maladie du sommeil, une pathologie dévastatrice en Afrique centrale. Bafia, située dans l'actuelle région du Centre du Cameroun, devient le théâtre de vastes campagnes de traitement dirigées par le médecin colonial Eugène Jamot.

Cependant, une erreur dans l'administration des traitements aurait eu des conséquences désastreuses. Près de 700 habitants auraient perdu la vue à la suite d'injections réalisées dans le cadre de ces expérimentations. Ce drame a plongé des familles entières dans une souffrance irréversible, marquant profondément la population locale.

Malgré l'ampleur de la tragédie, cet épisode est resté longtemps peu documenté dans les récits officiels de l'époque coloniale. Pour de nombreux historiens, il illustre les dérives potentielles des pratiques médicales menées sur les populations locales sans garanties suffisantes. Le médecin colonial Eugène Jamot a mis en place une médecine mobile et de terrain. En 1931, lors de l'Exposition coloniale de Paris, son travail est mis en avant, mais quelques semaines plus tard, il reçoit un blâme à cause de l'affaire de Bafia.

Le paradoxe est que, malgré ce drame, certains établissements médicaux portent encore le nom du médecin colonial impliqué dans ces campagnes sanitaires. Cette réalité alimente régulièrement le débat sur la mémoire historique et la manière dont les sociétés africaines abordent leur passé. Eugène Jamot décède le 24 avril 1937.

Le drame de Bafia met en lumière une page sombre de l'histoire médicale coloniale. Près d'un siècle plus tard, la question de la mémoire et de la reconnaissance reste posée. Les sociétés africaines doivent-elles réécrire leur histoire pour que de telles tragédies ne soient jamais oubliées ?

Source : www.237online.com