Au Cameroun, l'attente d'un remaniement ministériel se fait longue, au point d'impacter les habitudes personnelles. Le journaliste Souley Onohiolo a pris un engagement pour le moins original : ne plus se raser tant que le président Paul Biya n'aura pas procédé à un remaniement gouvernemental.
L'annonce d'un nouveau gouvernement était attendue après la prestation de serment du président Biya, suite à l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Lors de son discours à la nation le 31 décembre 2025, le chef de l'État avait laissé entendre qu'un remaniement interviendrait « dans les jours à venir ». Cependant, plus d'un mois après cette allocution, la composition du nouveau gouvernement reste un mystère.
Sur le plateau de l'émission « Club d'Élites » sur Vision 4, Souley Onohiolo a exprimé sa frustration face à cette situation. « Je suis triste parce que le président n’a pas remanié. Et depuis le 6 novembre, je ne me suis pas coiffé », a-t-il déclaré, marquant ainsi son impatience et son mécontentement.
Au-delà de son cas personnel, le journaliste a critiqué la gestion du pouvoir, déplorant que le remaniement soit perçu comme une prérogative discrétionnaire du président, alors que le pays, selon lui, « va mal ». Il a ajouté que cette situation paralysait l'administration, certains fonctionnaires retenant des dossiers importants, ce qui nuisait au bon fonctionnement de l'État.
Cette attente prolongée suscite de nombreuses réactions et commentaires dans le paysage médiatique camerounais. D'autres voix s'élèvent également pour critiquer l'inaction du gouvernement face à des problèmes urgents. Sur la même chaîne, lors de la même émission, Souley Onohiolo a par ailleurs qualifié le Premier ministre Joseph Dion Ngute de « faible », en raison de son incapacité à résoudre des crises comme celle du Port Autonome de Douala.
L'économiste Dieudonné Essomba, également présent sur le plateau, a abondé dans le même sens, estimant que les décisions stratégiques concernant des structures comme le Port Autonome ne devraient pas être laissées à la discrétion de directeurs généraux, mais devraient relever du gouvernement.
Alors que les jours passent et que le remaniement se fait toujours attendre, l'initiative de Souley Onohiolo symbolise l'impatience d'une partie de la population camerounaise face à ce blocage politique.
L'absence de communication officielle concernant les raisons de ce retard contribue à un climat d'incertitude.