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Cameroun : Joseph Espoir Biyong s'oppose à la modification de l'article 170 du Code électoral

L'adjoint au maire de Douala 5e, Joseph Espoir Biyong, s'oppose à la modification de l'article 170 du Code électoral, dénonçant une atteinte à la démocratie et une concentration excessive de pouvoir a

Cameroun : Joseph Espoir Biyong s'oppose à la modification de l'article 170 du Code électoral
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Joseph Espoir Biyong, adjoint au maire de Douala 5e, a exprimé son désaccord face au projet de modification de l'article 170 du Code électoral camerounais. Dans une déclaration publique datée du 31 mars 2026, il a vivement critiqué cette réforme, la jugeant contraire aux principes démocratiques. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions palpables à l'Assemblée nationale, où le texte est en discussion.

L'article 170 du Code électoral, tel qu'il existe actuellement, encadre la possibilité de prorogation des mandats municipaux par décret présidentiel. La réforme envisagée vise à supprimer la limite de 18 mois actuellement en vigueur pour cette prorogation. Le gouvernement justifie cette modification par des contraintes à la fois juridiques et budgétaires, arguant que l'organisation des élections locales dans les délais impartis se heurte à des difficultés de financement et de logistique.

Joseph Espoir Biyong, cependant, dénonce une volonté du régime de Paul Biya de s'accrocher au pouvoir en contournant le suffrage universel. « Je remercie le régime de Paul Biya de vouloir me nommer maire à vie, en prorogeant mon mandat tant que le pouvoir sera en place », ironise-t-il dans sa déclaration. Il ajoute : « Non à la modification de l’article 170 du Code électoral ! Un seul homme ne doit pas pouvoir décider indéfiniment du sort des conseillers municipaux. Cette loi est anticonstitutionnelle, elle retire au peuple son droit de choisir ses dirigeants ».

Biyong estime que cette réforme confère un pouvoir excessif à l'exécutif, au détriment du droit des citoyens à élire leurs représentants. Il rejoint ainsi les voix contestataires qui s'élèvent au Parlement, où l'examen du projet de loi a déjà été reporté en raison des tensions qu'il suscite. Des députés de l'opposition, tels que Adamou Koupit et Cabral Libih, ont voté contre la modification en commission, dénonçant une confiscation du calendrier électoral.

La modification de l'article 170 du Code électoral soulève des questions quant à la transparence et à la régularité des processus électoraux au Cameroun. En supprimant le garde-fou des 18 mois, le gouvernement s'expose aux critiques d'une opposition qui y voit une manœuvre pour repousser indéfiniment les échéances électorales. L'issue de ce bras de fer politique reste incertaine, mais elle aura sans nul doute un impact sur la vie démocratique du pays. Le vote final à l'Assemblée nationale est attendu avec impatience par l'ensemble de la classe politique et de la société civile camerounaise.

Source : www.lebledparle.com