Dans une tribune publiée le 23 mars 2026, le journaliste et écrivain camerounais Jean Bruno Tagne exprime sa vive inquiétude quant à l'avenir du Cameroun, évoquant un pays qui « s’effondre » faute de leadership fort. Opposant déclaré au RDPC, le parti au pouvoir, Tagne dénonce un système où « il n’y a plus personne pour tenir le gouvernail », pointant du doigt les conséquences d'un régime qu'il juge vieillissant et autocratique.
Tagne critique vivement la manière dont le président Paul Biya, au pouvoir depuis près d'un demi-siècle, a selon lui, systématiquement éliminé les contre-pouvoirs et découragé toute ambition présidentielle, y compris au sein de son propre camp. Il en résulte, selon lui, une élite politique et administrative « veule, sans personnalité, corrompue, incompétente, ignorante des grands enjeux ». Cette absence de leadership se manifeste, d'après Tagne, par une incapacité à prendre des initiatives et une paralysie décisionnelle, exacerbées par l'âge avancé du chef de l'État.
L'éditorialiste s'alarme de ce que « le pouvoir est dans la rue » et que le pays sombre dans un état de désordre généralisé, sans que personne ne semble en mesure d'y remédier. Il déplore également le manque de renouvellement de la classe politique, soulignant que même les potentiels successeurs évoqués pour le poste de vice-président sont des figures déjà discréditées par le passé.
Cette tribune de Jean Bruno Tagne intervient dans un contexte politique camerounais marqué par des tensions et des incertitudes. L'élection présidentielle d'octobre 2025, qui a vu la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat, a été suivie d'un remaniement au sommet des deux chambres du Parlement, avec l'éviction de figures historiques telles que Cavaye Yéguié Djibril de la présidence de l'Assemblée nationale. Par ailleurs, le mandat des députés a été prolongé jusqu'en décembre 2026, suscitant des critiques de l'opposition.
Alors que le RDPC célèbre ses 41 ans, des questions se posent quant à son avenir et à sa capacité à s'adapter aux mutations du pays. La tribune de Jean Bruno Tagne met en lumière les défis auxquels le Cameroun est confronté et appelle à une prise de conscience collective pour éviter un « naufrage collectif ».