Le procès pour harcèlement sexuel intenté par Judith Nkouete contre James Mouangue Kobila, président de la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC), est au point mort. Depuis six mois, M. Mouangue Kobila ne s'est pas présenté à la barre du tribunal de Yaoundé.
Lors de la dernière audience, le 3 février 2026, ses avocats ont justifié son absence par ses obligations à la tête de la CDHC, une excuse que la plaignante réfute catégoriquement. Le renvoi de l'affaire au 30 avril suscite l'indignation de Judith Nkouete, qui dénonce une manœuvre dilatoire orchestrée pour l'épuiser et enterrer l'affaire.
Judith Nkouete, ancienne collaboratrice de James Mouangue Kobila, a porté plainte pour harcèlement sexuel au début de l'année 2024. Depuis lors, la procédure judiciaire a été marquée par de nombreux rebondissements, notamment l'absence répétée de l'accusé et des reports d'audiences. Selon la plaignante, James Mouangue Kobila aurait posé plus de 200 questions à la barre lors des audiences de 2025, la soumettant à un interrogatoire intensif. Face à cette situation, Judith Nkouete a décidé de ne plus répondre aux questions directes de son accusateur depuis le 31 juillet 2025.
L'affaire prend une dimension politique, d'autant plus que James Mouangue Kobila est candidat à la présidence du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH). Certains observateurs estiment qu'il cherche à gagner du temps en attendant l'obtention de ce poste. Judith Nkouete a sollicité l'appui du président Paul Biya, de son épouse Chantal Biya et du Premier ministre Joseph Dion Ngute, signe de son isolement face à un homme disposant de ressources considérables.
La situation est paradoxale : James Mouangue Kobila, en tant que président de la CDHC, est censé protéger les droits fondamentaux des Camerounais, alors qu'il est lui-même accusé de harcèlement sexuel et se soustrait à la justice. Cette affaire met en lumière les défis persistants en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et d'égalité des sexes au Cameroun. L'absence de James Mouangue Kobila à son procès est perçue comme un affront envers Judith Nkouete et toutes les victimes de harcèlement sexuel dans le pays.
La prochaine audience du 30 avril sera déterminante pour l'avenir de cette affaire.