L'avocat et défenseur des droits de l'homme, Felix Agbor Balla, a exprimé de vives inquiétudes concernant le projet de loi visant à prolonger le mandat des députés camerounais jusqu'au 20 décembre 2026. Déposé par le président Paul Biya le 19 mars, ce projet suscite des interrogations quant à sa conformité avec les principes démocratiques et constitutionnels.
Agbor Balla reconnaît que la Constitution camerounaise autorise une telle mesure en cas de circonstances exceptionnelles. Cependant, il estime que les justifications avancées par le gouvernement, notamment les contraintes financières et organisationnelles liées à la préparation des élections, ne constituent pas une situation de crise justifiant une telle prolongation. Il suggère que ces arguments révèlent plutôt des lacunes en matière de planification et de gouvernance.
L'avocat met en garde contre les conséquences potentiellement néfastes d'une telle décision sur la confiance des citoyens envers les institutions démocratiques. Il souligne que reporter les élections et prolonger le mandat des élus sans un nouveau vote populaire pourrait éroder la crédibilité du processus démocratique. Pour Agbor Balla, le respect des échéances électorales est un pilier fondamental de la démocratie.
« La démocratie ne saurait être une question de convenance », a déclaré Agbor Balla dans un communiqué. Il insiste sur le fait que le droit des citoyens de choisir leurs représentants à intervalles réguliers est essentiel. Il appelle le Parlement à examiner le projet de loi avec une grande responsabilité, en veillant à préserver l'intégrité de la Constitution et la crédibilité du système démocratique camerounais.
Agbor Balla s'interroge sur le risque de créer un précédent où les dates des élections deviennent flexibles, dépendant du pouvoir en place. Il craint que de telles prolongations ne banalisent l'érosion des garanties constitutionnelles. Il rappelle que le Cameroun est déjà confronté à des défis en matière de confiance institutionnelle et de participation citoyenne, et que cette décision pourrait aggraver la situation.
Il suggère que la solution aux défis logistiques et financiers ne réside pas dans le report des élections, mais dans le renforcement des institutions, l'amélioration de la planification électorale et une gestion transparente des ressources publiques. L'appel d'Agbor Balla met en lumière les tensions entre les impératifs pratiques de l'organisation électorale et les principes fondamentaux de la démocratie.
Le projet de loi est actuellement devant le Parlement, où les députés devront peser les arguments en faveur de la prolongation et les préoccupations soulevées par Agbor Balla et d'autres acteurs de la société civile. L'issue de ce débat aura un impact significatif sur la perception de la démocratie au Cameroun.