Des chauffeurs anglophones transportant du bois de la région du Nord-Ouest vers la région de l'Ouest du Cameroun affirment être victimes de harcèlement, d'intimidation et de violences physiques de la part de gendarmes à un poste de contrôle forestier à l'entrée de Bafoussam. Le dernier incident signalé remonte à samedi dernier.
Selon des témoignages, un camion transportant des planches a été intercepté à l'entrée de la région de l'Ouest. Les gendarmes ont ordonné au conducteur de se diriger vers un poste de contrôle forestier pour une inspection. Une fois sur place, la situation aurait dégénéré. Le chauffeur et son assistant ont été extraits de force du véhicule et ont subi des coups après avoir demandé la nature de leur infraction.
Une agente forestière témoin de la scène aurait tenté de filmer l'incident avec son téléphone, mais les gendarmes lui auraient confisqué l'appareil avant de le lui rendre, signe d'une volonté de dissimuler l'incident.
Des représentants des chauffeurs dénoncent un ciblage systématique des transporteurs anglophones sur cet axe commercial. La route Nord-Ouest/Ouest est une artère importante pour le commerce du bois au Cameroun, et le contrôle des checkpoints est perçu comme un moyen de contrôler les flux économiques.
Dans le contexte de la crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis 2016, de tels actes de violence sont perçus comme une discrimination ethnique. Les chauffeurs ne transportent pas seulement du bois, mais aussi une frustration face à ce qu'ils considèrent comme une marginalisation.
L'absence de réponse des autorités face à ces incidents alimente la défiance. Les chauffeurs ont lancé un appel public aux officiers supérieurs pour qu'ils interviennent. Le silence des autorités risque d'être interprété comme une validation implicite de ces agissements.
Si ces actes de harcèlement se confirment, c'est toute la chaîne logistique du bois dans la région qui pourrait être fragilisée, avec des conséquences potentielles sur les investissements, le transport et les achats. Reste à savoir si l'État camerounais va enquêter sur ces incidents ou laisser cette route devenir une nouvelle ligne de fracture entre les deux Cameroun.