Le prix du cacao au Cameroun a connu une légère augmentation, mais reste bien en deçà des prévisions initiales du gouvernement pour la campagne actuelle. Selon les données du Système d’information des filières (SIF) de l’Office national du cacao et du café (ONCC), le kilogramme de fèves se négociait entre 1200 et 1300 FCFA dans les bassins de production camerounais au 19 mars 2026. Cette fourchette de prix représente une hausse de 150 FCFA par rapport au mois précédent, où les prix oscillaient entre 1050 et 1150 FCFA.
Malgré cette progression, les prix actuels sont considérablement inférieurs aux objectifs fixés par le gouvernement en début de campagne. Après avoir atteint des sommets de 6000 FCFA/kg en 2023-2024 et 5400 FCFA/kg la campagne suivante, le gouvernement tablait sur des prix entre 3200 et 5400 FCFA pour la saison 2025-2026. L'écart important entre les prix réels et les projections s'explique en grande partie par la conjoncture internationale.
Divers analystes estiment que la production mondiale de cacao devrait connaître un excédent durant la campagne 2025-2026, prolongeant ainsi la reprise amorcée en 2024-2025 après trois années de déficit. L'Équateur, en particulier, joue un rôle clé dans cette augmentation de l'offre, menaçant même de dépasser le Ghana en tant que deuxième producteur mondial. Cette situation exerce une pression à la baisse sur les prix du cacao, tant au niveau international qu'au Cameroun.
La production de cacao en Afrique de l'Ouest, qui représente environ les deux tiers de la production mondiale, a connu une baisse ces dernières années. La Côte d'Ivoire et le Ghana, qui produisent à eux seuls plus de 60 % du cacao mondial, ont vu leur production diminuer en raison du vieillissement des arbres et de maladies. Cette baisse de l'offre, combinée à une demande mondiale stable, a entraîné une forte hausse des prix fin 2024 et début 2025.
Cependant, les prévisions pour la saison 2025-2026 sont mitigées, avec des espoirs de reprise modeste grâce à l'amélioration des précipitations. L'Organisation internationale du cacao (ICCO) prévoit même un léger excédent si les conditions météorologiques restent favorables. Malgré ces perspectives, les analystes restent prudents quant à l'impact des problèmes structurels et des conditions de stockage sur la qualité des fèves, ce qui pourrait entraîner une nouvelle volatilité des prix.