L'affaire Miss Cameroun continue de susciter des réactions. Après la destitution de Josiane Golonga, Miss Cameroun 2025 élue le 12 juillet 2025, l'avocate Me Dominique Fousse a pris position pour dénoncer ce qu'elle considère comme un « lynchage numérique ».
Me Fousse s'indigne de l'utilisation d'informations privées sorties de leur contexte et livrées à la vindicte populaire en ligne. « S’approprier des discussions intimes, les sortir de leur contexte, les livrer à la foule numérique dans l’espoir de briser une réputation ou de pousser quelqu’un à bout, c’est franchir une ligne rouge », déclare-t-elle. Elle insiste sur la gravité de tels actes, rappelant que derrière un écran se trouve une personne avec une vie, une famille et un avenir.
L'avocate met en lumière la responsabilité des médias, traditionnels comme numériques, soulignant que « informer ne signifie pas humilier. Révéler ne signifie pas détruire ». Elle rappelle que la liberté d'expression ne saurait justifier le harcèlement, l'atteinte à la vie privée ou l'incitation au suicide. Elle dénonce l'irresponsabilité de ceux qui s'accaparent les comptes personnels d'autrui pour nuire, motivés par des clics et des règlements de comptes.
Me Fousse appelle à une réflexion collective sur les limites de la société numérique et sur la nécessité de choisir entre un espace de débat digne et un tribunal permanent où l'on juge sans preuve. Elle insiste sur la responsabilité individuelle de chacun à refuser de relayer ou d'alimenter la haine en ligne, y voyant un moyen de protéger les victimes.
À l'approche de la journée internationale des droits des femmes, Me Fousse interroge la cohérence entre les discours sur la protection des femmes et la participation, active ou passive, à leur « mise en pâture numérique ». Elle rappelle que la technologie ne saurait dispenser de conscience et de morale. Cette affaire met en lumière les enjeux de la cybercriminalité et du respect de la vie privée à l'ère numérique. La question de la responsabilité des médias et des individus face au lynchage numérique reste posée.