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Affaire Anicet Ekane : l'autopsie conclut à une mort naturelle, le Mindef dédouane la gendarmerie

Le Mindef publie les conclusions de l'autopsie d'Anicet Ekane, décédé en détention, écartant les violences. L'opposition rejette ces conclusions et réclame une enquête approfondie.

Affaire Anicet Ekane : l'autopsie conclut à une mort naturelle, le Mindef dédouane la gendarmerie
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Le ministère camerounais de la Défense a publié un communiqué le 24 février 2026 concernant le décès d'Anicet Ekane, figure de l'opposition décédée le 1er décembre 2025. Selon le colonel Atonfack, porte-parole du Mindef, l'autopsie réalisée par un collège d'experts a révélé une absence totale de lésions traumatiques, évoquant plutôt des "graves pathologies" comme cause du décès chez un patient aux antécédents médicaux lourds.

Anicet Ekane, âgé de 74 ans, avait été interpellé pour son implication présumée dans des "manifestations violentes" survenues à Douala avant et après la publication des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Au moment de son décès au Centre Médical Militaire de la Gendarmerie Nationale à Yaoundé, il était en garde à vue dans le cadre d'une enquête judiciaire. Son corps était resté confisqué depuis lors, suscitant l'indignation du MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie) et de nombreuses organisations de défense des droits humains.

Le rapport d'autopsie précise que des examens complémentaires ont été effectués au Centre Universitaire Romand de Médecine Légale en Suisse. Le collège d'experts était composé d'un professeur et de deux docteurs en médecine, dont le rapport a été remis au Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Militaire de Yaoundé le 23 février 2026. Les conclusions écartent la thèse de l'exécution extrajudiciaire, ce qui a conduit à la levée des scellés et à la mise à disposition du corps aux ayants droit par la Direction de l'Hôpital Central de Yaoundé.

Malgré ces conclusions, le MANIDEM maintient ses accusations de "froide mise à mort" et de "profanation", contrastant avec la version médicale officielle. L'opposition camerounaise a exprimé son insatisfaction face à ces conclusions, malgré la caution scientifique suisse. Des voix s'élèvent pour réclamer une enquête impartiale, prompte et efficace sur les circonstances du décès d'Anicet Ekane, soulignant la responsabilité des autorités camerounaises envers une personne décédée alors qu'elle était sous leur garde.

L'affaire continue de susciter des réactions et de la consternation au sein de la population camerounaise.