Douze personnes ont été enlevées sur la route reliant Meïganga à Yamba, dans la région de l'Adamaoua, confirmant une fois de plus le statut de cette région comme étant un point chaud pour les enlèvements au Cameroun. L'incident s'est produit en plein jour lorsque des coupeurs de route ont surgi de la végétation dense, bloquant la circulation et capturant des automobilistes, des passagers de moto, parmi lesquels figuraient des élèves, un enseignant et des cultivateurs.
« Ils ont tout pris — les gens, les motos, tout », a témoigné un riverain encore sous le choc. Les victimes sont des civils sans défense, pris au piège sur un axe routier censé être sécurisé. Parmi les personnes enlevées, on compte au moins trois mineurs scolarisés, un enseignant se rendant à son lieu de travail, un élu local et des paysans revenant des champs.
Les ravisseurs ont non seulement pris les personnes, mais aussi leurs motos et leurs effets personnels. Pour l'instant, aucune revendication officielle n'a été faite par les auteurs de cet acte.
La région de l'Adamaoua est confrontée à une insécurité croissante, marquée par des enlèvements contre rançon et des actes de banditisme. En janvier 2025, une opération des forces de défense camerounaises avait permis de libérer sept otages et de neutraliser plusieurs kidnappeurs dans la région, témoignant de la détermination du gouvernement à rétablir la paix. Le Ministre de la Défense avait d'ailleurs annoncé une réorganisation de la stratégie militaire face à l'insécurité grandissante dans cette zone montagneuse.
Cependant, malgré ces efforts, les enlèvements persistent, alimentés en partie par la crise en République centrafricaine voisine, qui favorise la prolifération d'armes et de groupes armés dans la région. En 2018, 150 personnes avaient été enlevées dans l'Adamaoua, avec des conséquences socio-économiques importantes pour les populations locales.
Face à cette situation, les autorités appellent la population à une vigilance accrue et à une collaboration étroite avec les forces de sécurité. La lutte contre l'insécurité dans l'Adamaoua reste un défi majeur, nécessitant une approche globale combinant actions militaires, coopération régionale et développement socio-économique.
La persistance de tels actes criminels soulève de sérieuses questions quant à la sécurité des populations et à l'efficacité des mesures mises en place pour y remédier. La peur et l'incertitude continuent de régner parmi les habitants de l'Adamaoua.