L'homme politique camerounais Abdouraman Hamadou a récemment pris position contre ce qu'il décrit comme une gestion tribale des institutions de la République par le régime en place. Dans une tribune libre datée du 10 avril 2026, il a dénoncé les nominations basées sur l'appartenance ethnique, arguant qu'elles n'ont apporté aucune amélioration concrète aux populations et ne servent qu'à maintenir le pouvoir.
Hamadou a illustré son propos en évoquant la situation de la région de l'Extrême-Nord et du village de l'honorable Cavayé Yéguié Djibril, figure emblématique de la scène politique camerounaise. Il a souligné le manque de développement dans ces zones, malgré la longévité de leurs représentants au sein des institutions. Cavayé Yéguié Djibril, originaire de Mada, a été le président de l'Assemblée Nationale du Cameroun de 1992 à 2026.
« À quoi sert le fait d’avoir un frère du village à la tête d’une institution sensée être républicaine ?! », s'interroge Abdouraman Hamadou, remettant en question la pertinence de la redistribution tribale des postes de responsabilité au détriment du développement. Il a ajouté que les populations de l'Ouest et du Nord ne tirent aucun avantage du fait d'avoir des représentants de leurs régions à la tête de l'Assemblée Nationale ou du Sénat.
Pour Abdouraman Hamadou, cette approche de la gestion du Cameroun, qu'il qualifie de « villageoise », a été instituée par les colons et perpétuée par leurs héritiers au pouvoir. Il appelle à y mettre fin en favorisant la nomination de personnes compétentes, capables de créer des richesses équitablement redistribuées à tous les citoyens. Il insiste sur le fait que le véritable partage réside dans la distribution des ressources aux populations, et non dans l'attribution de postes à des obligés politiques.
En conclusion, Abdouraman Hamadou appelle à un changement de cap pour le Cameroun, en insistant sur la nécessité de dépasser les considérations tribales et de privilégier la compétence et l'équité dans la gestion des affaires publiques. Il souhaite que les prochaines élections législatives et municipales permettent de retirer au régime actuel le « semblant de légalité » qui lui permet de confisquer le pays.